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La prétention à l'éducation pour la santé


Bon d'accord, le CIANE (collectif interassociatif autour de la naissance) a rejeté la paternité de ce poisson d'avril. On ne peut pas se fâcher avec tout le monde.

Bon d'accord, l'INPES, Institut National de Prévention (et non pas de Prétention, comme l'ont insinué ces odieux plaisantins) et d'Education à la Santé, dont "on" a utilisé le logo de sa publication "Equilibres" en a fait un caca nerveux, et a demandé que soit retiré ce poisson d'avril immédiatement. Il faut pas déconner quoi, non mais quand même.

Mais n'empêche.

Il est quand même absolument excellent ce poisson.

Et avant que l'INPES me demande à mon tour de le retirer, le Julien Bezolles, dans un acte désespéré de résistance loufoque, comme l'aurait aimé le regretté Pierre Dac, soumet à votre contemplation amusée ce document transgressif, donc par définition apte à faire vraiment réfléchir.

En conclusion de ce texte, je pourrais dire que les patients éduqueront les soignants le jour où les zéducateurs sanitaires finiront de se prendre au sérieux. C'est pas demain.

Rappelons que le précédent directeur de l'INPES, Philippe LAMOUREUX, est devenu Directeur général du LEEM en septembre dernier. Ce pantouflage n'a évidemment aucun rapport avec le sujet de la prétention à l'éducation dont au sujet duquel je vous entretiens présentement, petits vicieux.

Le voili, le voilà ce poisson subversif. Inutile de rajouter du citron.
+++ Lettre de l'INPES, Equilibres N°48, 1er avril +++

+++ Journée nationale de l'éducation des professionnels de santé +++


L'INPES édite des documents destinés aux patients qui, dans leur vie, ont souvent affaire aux professionnels de santé. Comment leur parler ? Comment tenir compte de ce qu'il sont pour arriver à se faire soigner ? L'enjeu est de taille pour les patients qui, dans le contexte actuel, devront de toute façon consulter moins pour consulter mieux.
Décryptage.

Patients, les 7 commandements à retenir pour contribuer à l'éducation de votre professionnel de santé.


1. Dites bonjour à votre professionnel de santé et présentez-vous, lors d'une consultation aussi bien que lors d'une hospitalisation. Les soignants peuvent ressentir de la gêne, voire des traumatismes de degrés variés, lorsqu'ils se rendent compte qu'ils se trompent de personne dans des situations d'examen, de suivi ou d'intervention.

2. En contrepartie, exigez toujours du professionnel de santé qu'il se présente et dise bonjour, même dans le cadre d'une hospitalisation. Certains soignants le prennent mal. Soyez poli, mais ferme. Le maintien d'une courtoisie élémentaire est de votre responsabilité.

3. Informez toujours votre professionnel de santé des raisons de votre visite, des questions et demandes que vous souhaitez partager avec lui. Cela doit se faire dans une idée de dialogue : incitez-le, par des questions simples et bienveillantes, à reformuler ce qu'il comprend de la situation et à exprimer son ressenti. Il est essentiel que le professionnel de santé se sente écouté, informé et respecté.


4. Tout en préservant la liberté de pensée de votre médecin et en veillant à le faire participer à la décision, vous devez mettre une grande conviction à le convaincre que vous êtes la personne concernée en premier lieu par le choix du traitement, que vous avez la capacité de réfléchir et de prendre les décisions qui vous concernent à partir des informations qu'il partage avec vous. Il est recommandé d'obtenir une compréhension et l'adhésion du médecin par une information adaptée et transmise avec tact et humanité.


5. Votre professionnel de santé n'est pas tenu de rester au courant des dernières avancées en matière de diagnostic et de traitement. Il ne connaît pas forcément les recommandations des organismes nationaux tels que l'INPES, l'HAS, l'AFSSAPS, et a très rarement accès aux publications non francophones. Lorsqu'il vous propose une conduite thérapeutique ou des examens complémentaires, demandez-lui toujours s'il dispose de recommandations nationales ou internationales à ce sujet, et de quelle année elles datent. S'il ne connaît pas l'existence d'organismes susceptibles d'émettre des recommandations, changez de sujet. S'il vous répond que les experts qui rédigent les recommandations sont tous des vendus, approuvez par des grognements.

6. Précipitez-vous sur Internet pour vérifier si la conduite que votre professionnel de santé vous propose est cohérente avec les recommandations des organismes nationaux et internationaux. Si elle ne l'est pas, dites-vous que les experts de ces organismes sont tous des vendus. Imprimez néanmoins les résumés des recommandations et allez nuitamment les glisser sous les essuie-glaces du véhicule de fonction de votre professionnel de santé. Ne les envoyez surtout pas à son cabinet : il ne les lirait jamais.


7. Vous devez prêter attention aux signes de conduites addictives ou aux troubles obsessionnels compulsifs (TOC) de votre professionnel de santé. Un signe d'appel à connaître est la rédaction effrénée d'ordonnances, parfois sans rapport avec les attentes d'écoute et de compréhension que vous, patient, tentez d'exprimer.


Patients, l'accompagnement de vos professionnels de santé est une mission de santé publique qui fait partie de vos responsabilités. Prenez-la au sérieux !




PS : d'autres sites ou blogs relaient cette info :

-
Atoute.org : Le médecin, le malade et l’éducation thérapeutique
- Winckler's webzine : Soignez votre médecin : ça lui fera du bien (et à vous aussi)
- Un air neuf : INPES : La lettre de la prétention de l'Éducation pour la santé (canular)

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