Accéder au contenu principal

Articles

Cher Monsieur et ancien client

Cher Monsieur et ancien patient client, Votre précédent médecin ne pouvait pas vous recevoir ce jour là, où je vous ai vu pour la première fois. Vous aviez mal dans la poitrine du haut de vos 85 ans. Le médecin des urgences où vous étiez passé deux jours auparavant pour cette douleur avait diagnostiqué une pneumonie et vous avait laissé sortir avec de l'Augmentin®. Quand vous m'avez raconté vos douleurs et que deux semaines avant on vous avait posé un stent au coeur pour ces mêmes douleurs, j'ai aussitôt appelé le cardiologue à l'hôpital. Je lui ai dit devant vous que votre stent se bouchait, et le cardiologue vous a accueilli dans le quart d'heure dans son service de soins intensifs. Sans repasser par les urgences. Vous ne m'avez pas remercié. Une fois sorti de l'hôpital, vous m'avez parlé de ces douleurs de jambes. Depuis des mois, des années. De plus en plus fortes, la marche devenait de plus en plus douloureuse, pénible, insupport...

Gardasil : Bernardo Gui, le retour

Un grand professeur de chirurgie se lâche. S'appuyant sur sa maîtrise du sujet fondée par la lecture des dossiers de presse reçus de la Sainte Firme, il croit bon d'appeler à la condamnation publique des professionnels de santé signataires d'une pétition réclamant une commission d'enquête parlementaire sur la façon dont un vaccin est promu et commercialisé. De quoi de quoi ? Un vaccin au prix exorbitant, dont on n'a à ce jour aucune preuve de l'efficacité de ce qu'il prétend prévenir, alors qu'il existe des outils efficaces de prévention qui risquent d'être marginalisés du fait de ce vaccin, pour un problème de santé publique plutôt restreint dans les pays riches, promu à marche forcée par la publicité, les autorités sanitaires et leurs experts, leaders d'opinion de l'industrie... Ça devrait interpeller quelqu'un ?... Ça pourrait concerner la représentation nationale ?... Non, bien sûr puisque, l'assure notre ponte, Big Pharma v...

Lettre ouverte à Danielle MESSAGER, journaliste santé de France-Inter

  Madame, J’ai écouté avec intérêt ce samedi 5 avril 2014 votre chronique “ carnet de santé ” concernant la campagne “ Ne lui tournez pas dos ”.  Comme vous ne pouvez l'ignorer, il s’agit d’une campagne de la firme pharmaceutique AbbVie, pour promouvoir son médicament Humira°, un nième anti TNF alpha qui a besoin d'élargir son marché en Europe. Le Dr Laure GOSSEC, médecin rhumatologue à la Salpêtrière, s’est exprimée durant cette chronique. Elle a été recrutée par AbbVie pour cautionner cette campagne. Elle n'est pour elle qu'un "leader d'opinion", instrument efficace de propagande. Elle s’exprime dans le dossier de presse de lancement de cette campagne. Elle a manifestement été très bien briefée. Du soft. Mais au fond toujours le même discours de disease mongering : maladie sous diagnostiquée, insuffisamment traitée, etc.   Selon la législation en vigueur (article L 4113-13 du code de la santé publique), elle aurait dû déclarer avant de ...

De la (bonne ?) utilisation du placebo

Quand j'étais étudiant à la policlinique du CHU de Tourmens, où je participai aux consultations de médecine générale, je me souviens de cet  étudiant sortant hilare du box de consultations pour raconter aux autres étudiants non moins hilares comment il avait injecté une ampoule de sérum physiologique à ce malade, qui s'en était rapidement trouvé mieux. Tout le monde, sauf moi, se gaussait de ce bon tour joué à ce pauvre vieux. A cela il faut rajouter que l'apprenti placebothérapeute était issu d'un milieu très aisé, fils d'un haut fonctionnaire de la République, de ceux qui expliquaient à l'éphémère première ministre Edith Cresson, interloquée, que la France c'est eux, les 2000 qui s'en pensent l'élite. Et que le patient était un vieux monsieur maghrébin, probablement illettré. Tu ne manipuleras pas et ne sera pas manipulé, tel est le principe éthique que j'ai voulu faire mien au long de ma pratique, et de ma vie, quitte à en payer plus d...

Monsieur l'Abbé

Monsieur l'Abbé, Hier j'ai enterré une amie comme on dit. Enfin j'étais pas tout seul à l'enterrer, l'église était pleine. Je sais pas par chez toi, mais chez moi c'est pas souvent qu'elle est pleine l'église. Et puis c'était pas que des vieux. Parce que par chez moi c'est que des vieux. Enfin j'imagine, parce que j'y vais plus à l'église, ça fait une paire. Mais quand j'y allais, y avait déjà plus que des vieux, des bourges et leurs enfants, et de moins en moins en plus : les vieux ça crève, les enfants ça finit un jour par comprendre, et les bourges ça met dehors les ceusses qui sont pas bourges. C'est pour ça que ça se vide les églises, monsieur l'Abbé, au cas où on t'aurait pas mis au parfum. Et c'est pas plus mal. Et ce coup ci dans ton église, Monsieur l'Abbé, pour l'enterrement de mon amie, y avait pas que des vieux, y avait pas beaucoup de bourges, quant aux enfants, le minimum requis : les p...

Certifichiure

J'ai fait médecine et ça fait du bien Je dédie ce post au vaste peuple des besogneux épiciers de la médecine qui, ayant du premier au dernier jour de leur carrière soigneusement évité tout effort de réflexion sur leur exercice, encouragés en cela par leurs maîtres, leurs syndicats, leurs confrères, leurs conjoint(e)s et l'avide poursuite du niveau de vie auquel ils pensent avoir droit compte tenu de leur niveau d'études et de responsabilité (alors qu'ils sont intellectuellement médiocres n'ayant "fait" médecine générale que parce qu'incapables d'être spécialiste, c'est à dire se remplir les poches avec moins d'efforts encore), ne voient aucune différence entre la médecine et le petit commerce, et donc érigent en compétence professionnelle l'art du baissage de froc devant leurs patients clients, les labos, la sécu, les leaders d'opinions, les autorités et surtout devant leur propre dignité, et ont ainsi rendu au fil des années e...

Savoir dire non

  Quand je l’ai vue pour la première fois la vieille avec sa fille, qui venait exprès de Paris pour voir sa mère qui n’allait plus, elle vomissait la rage la vieille depuis des semaines, que son médecin lui rajoutait des antivomitifs à tire-larigot. Il était en vacances le bougre. J’ai vu sa liste de médicaments à la vieille et j’ai dit à sa fille : "arrêtez celui-là et revenez me voir si les vomissements continuent". Elle est revenue me voir un mois après pour me dire que les vomissements s’étaient arrêtés 24 h après l’arrêt du médicament et qu’elle voulait changer de médecin. Le Protélos c’était le médicament. Quand elle s’est retrouvée à l’hôpital la vieille parce qu’elle avait chuté chez elle toute seule, c’est vrai que la maladie de Parkinson ça rend instable, surtout toute seule, elle est sortie de l’hosto avec un RV en consultation de gériatrie. Quand j’ai reçu la lettre de l’alzheimerologue qui m’écrivait que compte tenu de son état de démence parkinsonienne elle vo...