Accéder au contenu principal

Articles

De la (bonne ?) utilisation du placebo

Quand j'étais étudiant à la policlinique du CHU de Tourmens, où je participai aux consultations de médecine générale, je me souviens de cet  étudiant sortant hilare du box de consultations pour raconter aux autres étudiants non moins hilares comment il avait injecté une ampoule de sérum physiologique à ce malade, qui s'en était rapidement trouvé mieux. Tout le monde, sauf moi, se gaussait de ce bon tour joué à ce pauvre vieux. A cela il faut rajouter que l'apprenti placebothérapeute était issu d'un milieu très aisé, fils d'un haut fonctionnaire de la République, de ceux qui expliquaient à l'éphémère première ministre Edith Cresson, interloquée, que la France c'est eux, les 2000 qui s'en pensent l'élite. Et que le patient était un vieux monsieur maghrébin, probablement illettré. Tu ne manipuleras pas et ne sera pas manipulé, tel est le principe éthique que j'ai voulu faire mien au long de ma pratique, et de ma vie, quitte à en payer plus d...

Monsieur l'Abbé

Monsieur l'Abbé, Hier j'ai enterré une amie comme on dit. Enfin j'étais pas tout seul à l'enterrer, l'église était pleine. Je sais pas par chez toi, mais chez moi c'est pas souvent qu'elle est pleine l'église. Et puis c'était pas que des vieux. Parce que par chez moi c'est que des vieux. Enfin j'imagine, parce que j'y vais plus à l'église, ça fait une paire. Mais quand j'y allais, y avait déjà plus que des vieux, des bourges et leurs enfants, et de moins en moins en plus : les vieux ça crève, les enfants ça finit un jour par comprendre, et les bourges ça met dehors les ceusses qui sont pas bourges. C'est pour ça que ça se vide les églises, monsieur l'Abbé, au cas où on t'aurait pas mis au parfum. Et c'est pas plus mal. Et ce coup ci dans ton église, Monsieur l'Abbé, pour l'enterrement de mon amie, y avait pas que des vieux, y avait pas beaucoup de bourges, quant aux enfants, le minimum requis : les p...

Certifichiure

J'ai fait médecine et ça fait du bien Je dédie ce post au vaste peuple des besogneux épiciers de la médecine qui, ayant du premier au dernier jour de leur carrière soigneusement évité tout effort de réflexion sur leur exercice, encouragés en cela par leurs maîtres, leurs syndicats, leurs confrères, leurs conjoint(e)s et l'avide poursuite du niveau de vie auquel ils pensent avoir droit compte tenu de leur niveau d'études et de responsabilité (alors qu'ils sont intellectuellement médiocres n'ayant "fait" médecine générale que parce qu'incapables d'être spécialiste, c'est à dire se remplir les poches avec moins d'efforts encore), ne voient aucune différence entre la médecine et le petit commerce, et donc érigent en compétence professionnelle l'art du baissage de froc devant leurs patients clients, les labos, la sécu, les leaders d'opinions, les autorités et surtout devant leur propre dignité, et ont ainsi rendu au fil des années e...

Savoir dire non

  Quand je l’ai vue pour la première fois la vieille avec sa fille, qui venait exprès de Paris pour voir sa mère qui n’allait plus, elle vomissait la rage la vieille depuis des semaines, que son médecin lui rajoutait des antivomitifs à tire-larigot. Il était en vacances le bougre. J’ai vu sa liste de médicaments à la vieille et j’ai dit à sa fille : "arrêtez celui-là et revenez me voir si les vomissements continuent". Elle est revenue me voir un mois après pour me dire que les vomissements s’étaient arrêtés 24 h après l’arrêt du médicament et qu’elle voulait changer de médecin. Le Protélos c’était le médicament. Quand elle s’est retrouvée à l’hôpital la vieille parce qu’elle avait chuté chez elle toute seule, c’est vrai que la maladie de Parkinson ça rend instable, surtout toute seule, elle est sortie de l’hosto avec un RV en consultation de gériatrie. Quand j’ai reçu la lettre de l’alzheimerologue qui m’écrivait que compte tenu de son état de démence parkinsonienne elle vo...

Comment le lobby du pétrole subventionne des medias français, et comment ils s'y engluent honteusement

paysage médiatique Acte 1 "Comment le lobby du tabac a subventionnée des labos français" tel était le titre d'un dossier du Monde du 1er juin 2012. Dossier qui révélait les liens passés des chercheurs sur le tabagisme en France avec les cigarettiers. C'est dans ce dossier que le Monde relevait l'inexactitude de la déclaration d'intérêts du professeur Molimard sur le site du Formindep . Sur le site du Formindep le Professeur Molimard s'en expliquai t, et le Formindep en tirait les leçons : voir là et là. On jugera de la dignité de la réaction de l'un et de l'autre. Acte 2 Quelques jours plus tard, le 22 juin sur France Inter à l'émission la Tête au Carré, Stéphane Foucart, un des journalistes du Monde auteur de ce dossier, attaquait publiquement le Formindep en mettant en doute la crédibilité de ses informations à partir de cette affaire de la déclaration d'intérêts de Robert Molimard. Acte 3 ...

Chouette c'est pas toujours les mêmes qui morflent

  L 'ultra-milliardaire Warren Buffett, victime du lobby de la prostate.  Gnarf, gnarf... On croit rêver. Dépisté jusqu'à ce que mort s'en suive les potes... Zyeutez donc moi ça : What We Can Learn From Warren Buffett's Prostate Cancer   Dans le même registre, j’ai rencontré récemment une journalisse parisienne branchée, de celles qui révèle les scandâles, prout-prout, fréquente les hauts sommets de la médecine -  ceux qui savent - .   Elle se vantait la garce de se faire irradier le nibard avec conviction tous les ans... chez le meilleur bien sûr, l'amputologue à miches trois mamelles du Guide Miche-fin...  "On ne sait jamais Julien !"  Elle avait pas eu le courage d'ouvrir le livre de Rachel Campergue que je lui avais pourtant refourgué, la journaleuse. La vérité, parfois dure à lire, c'est vrai.   LE critère de la qualité des soins, c’est l’indépendance des prescriptions et pas le niveau des ...

Peu de bruit pour si peu

Histoire banale. Dans une cité comme une autre des jeunes tiennent les murs chaque soir au bas des blocs. Bruits, cris, agitations tard la nuit, insultes sur ceux qui leur demandent de se taire. La police ne vient pas bien sûr, il ne faut pas provoquer. Zone de non droit, etc. Exaspéré, un soir, un vieux qui vote sans doute Front National, prend sa carabine et en shoote un, du septième ce soir là. Un jeune meurt. Drame des banlieues titre la presse, l'appart du vieux est saccagé. Une marche silencieuse est organisée en mémoire de la victime. Comité de soutien au tireur : il n'en pouvait plus, il avait appelé la police 17 fois. Le procès a lieu. Le vieux est condamné, circonstances atténuantes ou pas. La justice a passé. On ne fait pas sa loi soi-même. Histoire banale. Je vous l'avais dit. Le lac des Ibis au Vésinet Chez les riches c'est plus simple . Mariage maghrébin en banlieue. Youyous, coups de klaxons, drapeaux algériens aux portières des voitures, dérap...