mercredi 5 mai 2010

Chéri je t'aime, chéri je t'chador



Autour de mon cabinet y a des arbres. C'est joli, un peu nature dans la ville. Surtout maintenant les feuilles sont là. De grands arbres, en allées. Et dans les arbres y a des corbeaux. Beaucoup. Chaque année la mairie les tire les corbeaux. Rapport au bruit. Croak !... Croak !... Les gens se plaignent dit-on. Bang ! bang ! fait la mairie.... Ça fait bizarre le matin comme ça tôt : Bang ! Bang ! C'est la guerre ?... Non. C'est seulement la chasse aux corbeaux . Pour la paix des braves gens, quelques corbeaux. Y a pas photo.
Mais ça ne marche pas. Chaque matin ils sont toujours là pour m'accueillir les corbeaux. Croak !... Croak !... Bonjour !... Bonjour !...

Ce matin j'ai cru qu'il y en avait un dans ma salle d'attente de corbeau. Y faisait pas croac ! croak ! celui-là, mais il était bien bien noir, garanti pur, anthracite. Seuls les yeux dépassaient, maquillés, dessinés crayon. Madame Corbak donc plutôt. Tout le reste était noir, ganté, cagoulé, camouflé, haut du bas, hermétique, inviolable, inexpugnable. Fermé, closed, cerrado.

Des fois... je m'imagine ce qu'il peut y avoir dessous. Ça m'excite. Tout est possible.

- Faudrait voir mon mari, qu'elle me lance Madame Corbeau, me retire à ma rêverie.
- Bien sûr y a pas de problème, je vous donne un rendez vous, que j'y réplique, revenu les pieds sur terre.
- Ah! mais vous pouvez pas le voir maintenant ?... Il est dans la voiture.... Il attend.
- Ah ! mais je reçois que sur rendez-vous moi... C'est marqué. A l'entrée... Je peux le voir dans la matinée.

Non mais !... elle se figure quoi la bâchée ?...qu'on peut se pointer comme ça tout de go à consulter le grrrand dôôcteur Bezolles ? comme ça ? Elle rêve à son tour !... prend ses polypes pour des pendentifs !... Faut de l'attente !... c'est nécessaire l'attente, c'est la vie. C'est ça qu'a du bon !... Le meilleur moment c'est quand on monte l'escalier paraît-il. C'est perdu depuis bien des années comme notion, rapport aux ascenseurs. Mais je leur réapprend les charmes de l'escalier moi aux assujettis. Rééducation. Et hop !

- C'est très urgent !
- Ah !... Si c'est une urgence alors y a les urgences !
Je fais dans le fielleux... et en même temps deux pas vers la porte, histoire d'indiquer par ici la sortie... On me le fait plus à moi le coup des urgences ! 20 ans de fausses urgences ça vous blinde, insensible, dur à la souffrance, celle des autres. A d'autres la culpabilisation !... les "on peut crever maintenant... y a plus de médecins !, Hippocrate y a plus de serment, et tout ça. La médecine commerce c'est de l'engrais à connerie. Ça la fait pousser drue ! Tous les droits croyez-vous ! Servez vous !... client roi, malade l'Oreal je le vaux bien. Pour deux PSA à monsieur, madame a la mammo gratuite. Exceptionnel !... A saisir !... Y en aura pas pour tout le monde !... Vitale Gold acceptée !...

Ça les apaise d'un coup les urgences quand j'leur dis ça moi. Radical !... A coup sûr ! Tout de suite ça devient moins pressé. On peut attendre soudain ! Comme le SAMU, en mieux. Ça repart sur les bonnes bases, fini le troc, bonjour la médecine.

- Qu'est ce qu'il a votre mari ?
- C'est pour lui enlever des fils... A la main.
- Ah !... Et y en a beaucoup ?
- Deux.
- Eh ben alors disons 11 heures ce matin... en urgence... ça vous va ?
- Je vais lui demander.

Elle ressort. Revient.

- Va pour 11 heures. Il veut savoir si ça fait mal mon mari.
- Ça fait 20 ans que j'en enlève ma brave dame et j'ai encore jamais rien senti.
- ...
Bon OK, elle percute pas l'humour Bezolles. Glacé, sophistiqué pourtant, raffiné.
- Je veux dire non ça fait pas mal. Normalement.
- Et c'est payant ? Y a que deux fils...
Ah ! cette fois c'est moi qui l'égare l'humour. Volatilisé..... Mmmmffff ! Longue bouffée d'air. Inspiration profonde. T'égare pas Juju... Respire... Lààà !... Ça va mieux.
- Evidemment !... Et si vous avez la CMU y me faut l'attestation papier et la carte vitale à jour.
- Mais le Docteur Dubois il fait pas payer quand c'est pour si peu.

Deuxième grande bouffée, haine profonde cette fois, pour cet enculé de docteur Dubois, salopard d'empaffé de rognure de merde !... Anite !... Escarre !... Bubon !... Je le vois, là, bien devant moi, empalé égorgé crucifié, je verse le jerrycan d'essence avant de lancer l'allumette. Ses confrères CSMF, écorchés, ligotés formant bûcher. Je réfléchis... C'est peut-être sa part d'honnêteté tout de même au Dr Dubois, renoncer à faire payer la merde. Ah! Si c'est déontologique alors c'est autre chose. Y a amnistie.

Bon. Elle s'étire désagréable la conversation. Va falloir songer conclure. Ma liquéfaction saturnienne s'approche. Alerte. Sirène...

- Bon alors... Je le maintiens ce rendez-vous oui ou non ?
- Oui, oui.
- A 11 heures précises alors.
Et je lui balance une grande main chaleureuse et spontanée à serrer, histoire qu'elle la refuse bien, bien sûr. Une bien voilée, dans les normes, ça effusionne pas comme ça avec un mâle non agréé. Les distances, bon Dieu ! C'est Lui qui l'a dit ! Le Miséricordieux on l'appelle !... Pas Le Poli ou le Bien Elevé !...


Voilà l'heure. Drring !... Miss Corbak is back. Accompagnée.
L'énorme nounours avec elle a la main bandée. Survêtement blanc rayé trois bandes sur le coté. Baskets blanches rutilantes, brillantes, catadioptres aux semelles. Tout y est ! J'espère pour lui que c'est d'la marque, sinon c'est trop la honte.
A à peine 20 ans c'est pas encore ça les poils pour faire de la bonne vraie barbe mode islamiste au mari. Ça l'fait pas vraiment encore. Gazon épars plutôt... par ci par là. Ça va venir.
Il tient plus du gros poupon versé directement de la mère à l'épouse, sans transition, trop vite poussé, sein à peine lâché, lait encore aux commissures, que du taliban pentrite, diplômé du séminaire djihad, niveau 2, à Kandahar.
Mais bon, il porte bien ses 140 kilos pour son mètre 90. Il a dû s'lâcher sur la mamelle à coca l'apprentiliban. J'vais pas m'fâcher tout de suite avec donc. Y a pas marqué sumo non plus.

Voilà donc la bête !.. Excusez du peu.

- Et comment vous vous êtes fait ça ?
Je désigne son pansement.
- Avec une boîte de coca.
Allons bon ! j'avais tourné juste.
Le coca y a pas de problème, c'est hallal, kasher, agréé toute religion. Buvez en tous, Dieu reconnaîtra les siens. Si Jésus était là il romprait le double cheese et ferait circuler la boite de coke. La cène serait au Mac Do de Bagdad. Il s'en doutait le messie, c'est pour ça qu'il a anticipé antique. Pas fou.

- Bon ben, je vais vous enlever ça.
Je commence à défaire le pansement. Elle bouge sa main. Y a de l'émotion.
- Ça va faire mal demande King Kong ?
Mais foutre le bougre a les boules !... Il les a à zéro !... Allo ! maman bobo !
Je le vois bien là à 6 ans , entouré de la mère, du père pour le rappel du tétanos. Les chips à l'entrée, les bonbons à la sortie, petit dieu, odieux, choyé, adoré, tout permis. Allah sait si j'en ai vu défiler des comme ça.
"Mais c'est qu'un enfant" qu'elle m'avait sorti la mère du gosse qui trouvait plaisant balancer des pétards sur les bagnoles qui passaient.
"Et à partir de quel âge vous commencez à l'éduquer bordel ?". Indigné. "Vaut p'têt mieux s'y mettre avant qu'ça soit le maton, non ?"

Là il tremble le macrotaliban des bacs à sable, paniqué je le vois, dans ses yeux l'angoisse je lis... ça va faire mal !... On grandit pas si vite que ça tout compte fait... Toujours petit. Heureusement il est venu avec son doudou tout noir.

Bon ben on y va quand même avant qu'il tourne de l'œil, fasse malaise le balèze. Il pose bien la main sur la table, histoire de pas trop trembler quand même. Une rasade de biseptine, hop, deux coups de ciseaux, hop, c'est réglé. Y a pus bobo !

Soulagement. Eh ben voilà !... C'est pas le 11 septembre tout de même !... Retour assuré ce coup-là ! Sourire... Près de la bien-aimée. Ça va mieux...

Et c'est là que je la vois à ce moment... j'ai les yeux furtifs, levés brefs pendant que j'écris dans le dossier, mais je la vois bien se glisser entre les deux fauteuils moi, la main toute noire... qui émerge doucement du tas d'ombre, excroissance, ondule et se pose... amoureusement, tendrement sur l'énorme papatoune du bébé meurtri... Consolation.... Réconfort après l'effort. Retour au port... Repos du guerrier... Tendresse qui dort sous le tchador.

J'les ai vus ! !... Vu de chez vu !... Ils s'exposent ainsi !... La malédiction des 30000 Djinnfizz se déverse sur eux jusqu'à la trentième génération !!... Les engloutisse !... 7 siècles de Ramadan dont 6 fermes !... Privé d'Aïd !!... Ah !... si le Prophète voyait ça !... Y a du mou dans le Coran !... du relâchement dans la sourate !... d'la fissure dans le verset ça te nique !... Ah ! à quoi ça sert tout ça, si c'est pour se livrer à des expositions, explosions, furiosités libidineuses devant le premier mécréant venu !... Se croient donc tout permis ces lubriques là !

Cette main qui se pose sur la sienne, là, comme ça, c'est bien que c'est de la semoule tout ça, de la daube toutes ces foutreries, religioseries !...

La nature ça se contrôle pas si facile tiens !... Ça peut enterrer, enserrer, enfermer les corps les voiles, mais l'amour, ah ! l'amour, c'est dehors toutes voiles l'amour ! A l'air libre !... Au grand vent !... On les tient pas ainsi les hormones... Ah !... Il en faut bien plus que ça !... Foutu l'islamisme !... adieu l'intégrisme !... fini la fatwa !... Ça palpite encore sous la burqa !

J'ai tout vu !...

Chéri je t'aimeuuu !... chérie je t'chadoreuu !...
Como la salsa de pomooodoro !

Chéri je t'aimeuuu !... chérie je t'chadoreuu !...
Como la salsa de pomooodoro !

6 commentaires:

  1. J'[t]adore... Mais pour votre gouverne docteur, "rutilant" ça veut dire "qui brille d'un éclat rouge". Alors pour le blanc qui rutile, hein... vous repasserez. :-)

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  2. Merci Hélène C.
    Grâce à toi j'ai enrichi mes connaissances. C'est très intéressant.
    Voilà ce que j'ai trouvé :

    http://fr.wiktionary.org/wiki/rutilant
    Adjectif
    1. Qui est d’un rouge éclatant.
    2. Qui brille d’un vif éclat.

    http://www.cnrtl.fr/etymologie/rutilant
    * RUTILANT, -ANTE, part. prés. et adj.
    * RUTILER, verbe intrans.

    RUTILANT, -ANTE, part. prés. et adj.
    Étymol. et Hist.
    1. 1495 « qui brille d'un vif éclat » (J. de Vignay, Miroir historial, éd. 1531, XXV, 42 ds Delb. Notes mss: la comete plus rutillante que la coustume), att. aux xve et xvie s.; à nouv. en 1819 (Boiste);
    2. a) 1546 « d'un rouge éclatant » (J. de Gaigny, Sermons de Guerricus, 88 r o ds Delb. Notes mss: rutillante et resplendissante rougeur), att. au xvie s.; à nouv. en 1838 (Michelet, Journal, p. 264: cheveux [...] d'un brun rutilant);
    b) 1789 chim. (Brisson, Traité élém. des principes de phys., t. 2, p. 39 ds Littré: [le gaz nitreux] devient rutilant); 1789 vapeurs rutilantes (Lavoisier, Chim., t. 1, p. 249: le gaz nitreux s'échappe sous la forme de vapeurs rutilantes). Empr. au lat. rutilans « brillant, éclatant (or, armes); roux (cheveux) », part. prés. adj. de rutilare (rutiler*).

    Donc t'as raison, mais j'ai pas tort non plus.

    Alors, disons qu'on va le garder le rutilant dans le sens "qui brille d'un vif éclat". OK ? J'serais emmerdé de lui refaire ses tatanes en rouge à mon poupon. Ça ferait gore !

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  3. "- Mais le Docteur Dubois il fait pas payer quand c'est pour si peu."
    Alors là c'est direct: "Ben allez chez le Dr Dubois alors." ( surtout si c'est très urgent comme elle l'a dit en face)

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  4. il parait que de rire cela vaut bien un beefteak

    et bien voilà la j'en ai mangé pour la semaine

    bravo cher toubab c'est excellent ^^ mdr...

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