mardi 2 octobre 2012

Savoir dire non

 Quand je l’ai vue pour la première fois la vieille avec sa fille, qui venait exprès de Paris pour voir sa mère qui n’allait plus, elle vomissait la rage la vieille depuis des semaines, que son médecin lui rajoutait des antivomitifs à tire-larigot. Il était en vacances le bougre. J’ai vu sa liste de médicaments à la vieille et j’ai dit à sa fille : "arrêtez celui-là et revenez me voir si les vomissements continuent". Elle est revenue me voir un mois après pour me dire que les vomissements s’étaient arrêtés 24 h après l’arrêt du médicament et qu’elle voulait changer de médecin. Le Protélos c’était le médicament.

Quand elle s’est retrouvée à l’hôpital la vieille parce qu’elle avait chuté chez elle toute seule, c’est vrai que la maladie de Parkinson ça rend instable, surtout toute seule, elle est sortie de l’hosto avec un RV en consultation de gériatrie. Quand j’ai reçu la lettre de l’alzheimerologue qui m’écrivait que compte tenu de son état de démence parkinsonienne elle voulait lui refourguer des patchs d’antialzheimer, j’ai pris mon plus beau clavier pour lui écrire que son médicament, pas pour ma vieille. Vexée qu’elle était l’alzheimerologue et qui a continué à vouloir lui refourguer sa merde. J’ai prévenu la vieille et sa fille que ça passerait pas par moi.
Quand la fille à ma vieille elle a fini  par se rendre compte que sa vieille elle pouvait plus rester à domicile, mais que ça l’emmerdait bien parce que “c’est mon héritage qui commence à filer si je la mets en maison de retraite” (sic), elle m’a envoyé de Paris deux certificats à remplir pour la coller en EHPAD la vieille. Des fois que je serai trop con pour comprendre elle avait même commencé à précocher les cases la fille. J’ai ravalé l’humiliation du certificat précoché par la bourge, et je les ai rempli ses papelards. Pas 24 h pour lui renvoyer les deux certifs consciencieusement remplis. Le problème c’est que j’y avais joint la facture, pour le travail demandé. 40 euros. Eh oui.
 

Alors la fille elle m’appelle ce jour pour me dire sa surrrrrrrprise, que j’aurais dû la prévenir que c’était payant. Parce qu’un autre larbin médecin de sa connaissance, il faisait pas payer lui. "C'est son problème, s'il estime que son boulot vaut pas un clou, chère médème" -  "Et comment il faut faire pour le remboursement ?" -  "Y a pas de remboursement, c'est pas prévu par la sécu." - Long silence - J'y laisse pas reprendre son souffle et j'y assène que je suis surpris qu’elle soit surprise que je demande à être payé pour mon travail, mais que ça m’étonne pas trop vu ce qu'elle m'avait fait comprendre d’elle, que normalement je demande 30 euros pour ce type de certif, c'est affiché, et que j’y avais fait un prix en plus, et que tout compte fait la facture elle pouvait se la rouler et se la carrer au fion et qu’elle devait, à compter de cette heure se dégoter un autre larbin médecin pour sa vieille.

Y avait des patients devant moi à c’t'heure où j’y réglé son compte à l’autre. Un petit couple gentil, façon CMU. Ils étaient sciés. Je me suis excusé, j’ai dit qu’il fallait pas me gonfler surtout avec des bourges pétés de thune, et j’ai fini la consultation.

Ah putain ça fait du bien, et 40 euros pour ce plaisir là, c'est pas cher payé j'te jure.
 

jeudi 2 août 2012

Comment le lobby du pétrole subventionne des medias français, et comment ils s'y engluent honteusement




paysage médiatique


Acte 1

"Comment le lobby du tabac a subventionnée des labos français" tel était le titre d'un dossier du Monde du 1er juin 2012.
Dossier qui révélait les liens passés des chercheurs sur le tabagisme en France avec les cigarettiers. C'est dans ce dossier que le Monde relevait l'inexactitude de la déclaration d'intérêts du professeur Molimard sur le site du Formindep. Sur le site du Formindep le Professeur Molimard s'en expliquait, et le Formindep en tirait les leçons : voir et là. On jugera de la dignité de la réaction de l'un et de l'autre.


Acte 2

Quelques jours plus tard, le 22 juin sur France Inter à l'émission la Tête au Carré, Stéphane Foucart, un des journalistes du Monde auteur de ce dossier, attaquait publiquement le Formindep en mettant en doute la crédibilité de ses informations à partir de cette affaire de la déclaration d'intérêts de Robert Molimard.

Acte 3

Le 26 juillet, le site Arrêt Sur Images publie une enquête  révélant que Jean-Michel Bezat, journaliste au Monde, qui avait publié la veille un reportage favorable à l'exploitation du gaz de schiste intitulé : "Bienvenue à Fort Worth, Texas, la capitale du gaz de schiste", avait bénéficié pour ce reportage d'un voyage de presse financé par Total. Sans compter l'éditorial du Monde du même jour intitulé : "n'enterrons pas le débat sur le gaz de schiste"...

Au Total (si j'ose dire) :

 - Je n'ai trouvé sur le site du Monde aucune déclaration de liens d'intérêts du journaliste Bezat auteur de la quasi publi-rédaction révélée par Arrêt sur Images. Aucune déclaration d'intérêts, même pas fausse,  inexacte, ou partielle. Aucune. Pas davantage d'ailleurs des autres journalistes du Monde, ni de la presse en général. Dans "des" medias français, comme en médecine, la confiance repose sur l'opacité.
Rappelons quand même que si les conflits d'intérêts de Robert Molimard avec les cigarettiers remontent à plus de 15 ans, ceux de Bezat avec les pétroliers datent de juillet 2012. 
Le Formindep publie les déclarations d'intérêts de ses auteurs et reconnaît ses erreurs. Le Monde lui cache les conflits d'intérêts de ses journalistes.

- Suite à la révélation d'arrêt sur Images, je n'ai trouvé de la part du Monde ou du journaliste gazéifié par Total, aucune déclaration pour s'expliquer, s'excuser, proposer sa démission, remettre en question la gestion des conflits d'intérêts, ou plutôt leur absence de gestion des conflits d'intérêts. Rien. Nib. Que dalle. Le Formindep lui tire les leçons.

- Stéphane Foucart, journaliste déjà nommé, ne s'est répandu dans aucun media, radio, télévision, Internet, pour remettre en question la crédibilité des infos du Monde. Pas plus lui d'ailleurs qu'aucun autre journaliste de la médiasphère. Pas plus de remise en question que de gaz de schiste au fond de mon slip après un copieux cassoulet.
Par contre le lendemain de la quasi publicité rédactionnelle de son confrère, il tentait lamentablement de ramer à contre-courant en publiant un article révélant (sans rire) les liens d'intérêts d'un rapport US favorable aux gaz de schiste : "aux Etats-Unis, un rapport douteux sur les gaz de schiste" s'intitulait l'article. Par contre, pas vu l'article intitulé : "au Monde, un reportage douteux sur les gaz de schiste". S'agirait pas de cracher dans la cuve à fuel quand même. Reste à savoir si l'éthique, la honte et le ridicule se dissolvent dans l'huile de goudron.

journaliste en plein conflits d'intérêts


Im(moralité)

Le Monde, mais pas que le Monde car en règle générale les journalistes français n'ont hélas rien à envier aux médecins en matière de soumission aux lobbies et de corruption, continue à utiliser avec brio les outils traditionnels de la presse française pour gérer ses conflits d'intérêts : opacité, copinage, hypocrisie, silence, tentatives d'enfumage, dénigrement public des rares acteurs de l'indépendance de l'information, etc. 
Rien de tel en effet que les bons vieux instruments de la manipulation de l'information ayant fait leur preuve et amoureusement peaufinés au fil du temps et de l'histoire. 
Ce vieux monde, celui du siècle dernier,  pue vraiment trop. Vivement le nouveau, celui d'une information transparente et humble.




PS : Mieux vaut lire en effet les infos scientifiques du Formindep que du Monde, en particulier l'extraordinaire lettre de Robert Molimard à la HAS, pour réclamer une expertise indépendante lors de la réévaluation de la reco sur l'aide à l'arrêt du tabagisme : Le mythe de l'addiction à la nicotine.
Un document de formation que tout prescripteur, vendeur et utilisateur de patch nicotinique devrait lire.



samedi 21 avril 2012

Chouette c'est pas toujours les mêmes qui morflent

 

L'ultra-milliardaire Warren Buffett, victime du lobby de la prostate. 

Gnarf, gnarf... On croit rêver.

Dépisté jusqu'à ce que mort s'en suive les potes...

Zyeutez donc moi ça :

What We Can Learn From Warren Buffett's Prostate Cancer  

Dans le même registre, j’ai rencontré récemment une journalisse parisienne branchée, de celles qui révèle les scandâles, prout-prout, fréquente les hauts sommets de la médecine -  ceux qui savent - .  

Elle se vantait la garce de se faire irradier le nibard avec conviction tous les ans... chez le meilleur bien sûr, l'amputologue à miches trois mamelles du Guide Miche-fin...  "On ne sait jamais Julien !" 

Elle avait pas eu le courage d'ouvrir le livre de Rachel Campergue que je lui avais pourtant refourgué, la journaleuse. La vérité, parfois dure à lire, c'est vrai. 

LE critère de la qualité des soins, c’est l’indépendance des prescriptions et pas le niveau des dépassements d’honoraires du notable avarié. 

L'indépendance de la prescription c'est d'abord et avant tout chez les petits généralistes de merde sans intérêts qu'on la trouve. 

Du moins ceux qui conpissent les foires aux labos. Comme l'incroyable congrès de la merdrecine générale de Nice, si courageusement promu par les collabolabos. La culture de congrès rien que ça !... Et puis quoi encore... C'est à ça qu'on les reconnaît, les cultivés du congrès. Quand le ridicule leur sert de carrière.

L'indépendance de la prescription, c'est quand les pauvres, au moins une fois dans leur putain de vie à la con, ont une chance de clamser après les riches.

L'indépendance de la prescription, c'est ça la vraie révolution !... ¡ Arriba !... 

Allez voter !