samedi 19 janvier 2013

Certifichiure

J'ai fait médecine et ça fait du bien
Je dédie ce post au vaste peuple des besogneux épiciers de la médecine qui, ayant du premier au dernier jour de leur carrière soigneusement évité tout effort de réflexion sur leur exercice, encouragés en cela par leurs maîtres, leurs syndicats, leurs confrères, leurs conjoint(e)s et l'avide poursuite du niveau de vie auquel ils pensent avoir droit compte tenu de leur niveau d'études et de responsabilité (alors qu'ils sont intellectuellement médiocres n'ayant "fait" médecine générale que parce qu'incapables d'être spécialiste, c'est à dire se remplir les poches avec moins d'efforts encore), ne voient aucune différence entre la médecine et le petit commerce, et donc érigent en compétence professionnelle l'art du baissage de froc devant leurs patients clients, les labos, la sécu, les leaders d'opinions, les autorités et surtout devant leur propre dignité, et ont ainsi rendu au fil des années et de leur pratique cette histoire possible, fréquente et reproductible, et contribuent de façon métenculeuse à l'humiliation de la médecine générale, à son mépris, et à sa fin.

Ce hier matin je vois madame et sa fifille, 11 ans. Elles ont le rhume, ou la grippe je m'en fous; ça se soigne pareil. Le médecin traitant habituel est aaaabsolument oveurbouqué, accaparé sans doute à renouveler les statines chez ses vioques et déboucher les nez à grandes giclées de pseudoéphédrine chez les autres. C'est donc moi qui m'y colle.

Le soir du même jour, madame m'appelle pour la fifille. Elle a compétition de gimastique ce dimanche et il lui faut un certificat médical, dixit l'entraineur, et qu'elle passera demain pour le prendre. Gloups... Ah bon ?...  Et avec ceci ?.. Ce sera tout ?...  Y-en-a-un-peu-plus-je-vous-le-mets-quand-même ?...  Et vous avez vu notre promotion sur la nouvelle pilule bio ?... Je vous en mets une pour l'essayer... Vous me direz.

Oui, la mère dit, parce que l'entraineur elle a dit que si elle est pas à la compétition le club doit payer l'amende.

J'essaye avec souffrance de me restreindre dans l'enclos d'une civilité que les restes d'une éducation bourgeoise fondée sur la soumission aux cons supérieurs peinent de plus en plus à maintenir debout, essayant de faire passer le message que c'est pas mon problème, que cette demande c'est n'importe quoi, et que je fais pas de certificat à la con, déjà les autres, c'est peine. Je raccroche, précisant ma désolation, pensant que c'est pas encore comme ça que je vais les fidéliser ceux-la.

Je reprends la consultation interrompue et le téléphone sonne au bout de deux minutes. La voix d'une vieille sure sûre d'elle même : "Je suis l'entraineur ET la prééésidente du club de gimastique, et il me FAUT un certificat sinon le club paye une amende de 160 euros si l'enfant est pas là."

"Et en quoi ça me concerne, ça concerne un médecin et la médecine ? C'est votre problème, mais ce que je peux vous proposer c'est de vous le faire à 200 euros ce certificat. Quelle idée, à la mesure sans doute de votre titre d'entraîneuse, vous faites vous de la médecine et des médecins, chère madame ?" - "Mais à 23 euros la ça passe habituellement, je ne comprends pas."


mardi 2 octobre 2012

Savoir dire non

 Quand je l’ai vue pour la première fois la vieille avec sa fille, qui venait exprès de Paris pour voir sa mère qui n’allait plus, elle vomissait la rage la vieille depuis des semaines, que son médecin lui rajoutait des antivomitifs à tire-larigot. Il était en vacances le bougre. J’ai vu sa liste de médicaments à la vieille et j’ai dit à sa fille : "arrêtez celui-là et revenez me voir si les vomissements continuent". Elle est revenue me voir un mois après pour me dire que les vomissements s’étaient arrêtés 24 h après l’arrêt du médicament et qu’elle voulait changer de médecin. Le Protélos c’était le médicament.

Quand elle s’est retrouvée à l’hôpital la vieille parce qu’elle avait chuté chez elle toute seule, c’est vrai que la maladie de Parkinson ça rend instable, surtout toute seule, elle est sortie de l’hosto avec un RV en consultation de gériatrie. Quand j’ai reçu la lettre de l’alzheimerologue qui m’écrivait que compte tenu de son état de démence parkinsonienne elle voulait lui refourguer des patchs d’antialzheimer, j’ai pris mon plus beau clavier pour lui écrire que son médicament, pas pour ma vieille. Vexée qu’elle était l’alzheimerologue et qui a continué à vouloir lui refourguer sa merde. J’ai prévenu la vieille et sa fille que ça passerait pas par moi.
Quand la fille à ma vieille elle a fini  par se rendre compte que sa vieille elle pouvait plus rester à domicile, mais que ça l’emmerdait bien parce que “c’est mon héritage qui commence à filer si je la mets en maison de retraite” (sic), elle m’a envoyé de Paris deux certificats à remplir pour la coller en EHPAD la vieille. Des fois que je serai trop con pour comprendre elle avait même commencé à précocher les cases la fille. J’ai ravalé l’humiliation du certificat précoché par la bourge, et je les ai rempli ses papelards. Pas 24 h pour lui renvoyer les deux certifs consciencieusement remplis. Le problème c’est que j’y avais joint la facture, pour le travail demandé. 40 euros. Eh oui.
 

Alors la fille elle m’appelle ce jour pour me dire sa surrrrrrrprise, que j’aurais dû la prévenir que c’était payant. Parce qu’un autre larbin médecin de sa connaissance, il faisait pas payer lui. "C'est son problème, s'il estime que son boulot vaut pas un clou, chère médème" -  "Et comment il faut faire pour le remboursement ?" -  "Y a pas de remboursement, c'est pas prévu par la sécu." - Long silence - J'y laisse pas reprendre son souffle et j'y assène que je suis surpris qu’elle soit surprise que je demande à être payé pour mon travail, mais que ça m’étonne pas trop vu ce qu'elle m'avait fait comprendre d’elle, que normalement je demande 30 euros pour ce type de certif, c'est affiché, et que j’y avais fait un prix en plus, et que tout compte fait la facture elle pouvait se la rouler et se la carrer au fion et qu’elle devait, à compter de cette heure se dégoter un autre larbin médecin pour sa vieille.

Y avait des patients devant moi à c’t'heure où j’y réglé son compte à l’autre. Un petit couple gentil, façon CMU. Ils étaient sciés. Je me suis excusé, j’ai dit qu’il fallait pas me gonfler surtout avec des bourges pétés de thune, et j’ai fini la consultation.

Ah putain ça fait du bien, et 40 euros pour ce plaisir là, c'est pas cher payé j'te jure.
 

jeudi 2 août 2012

Comment le lobby du pétrole subventionne des medias français, et comment ils s'y engluent honteusement




paysage médiatique


Acte 1

"Comment le lobby du tabac a subventionnée des labos français" tel était le titre d'un dossier du Monde du 1er juin 2012.
Dossier qui révélait les liens passés des chercheurs sur le tabagisme en France avec les cigarettiers. C'est dans ce dossier que le Monde relevait l'inexactitude de la déclaration d'intérêts du professeur Molimard sur le site du Formindep. Sur le site du Formindep le Professeur Molimard s'en expliquait, et le Formindep en tirait les leçons : voir et là. On jugera de la dignité de la réaction de l'un et de l'autre.


Acte 2

Quelques jours plus tard, le 22 juin sur France Inter à l'émission la Tête au Carré, Stéphane Foucart, un des journalistes du Monde auteur de ce dossier, attaquait publiquement le Formindep en mettant en doute la crédibilité de ses informations à partir de cette affaire de la déclaration d'intérêts de Robert Molimard.

Acte 3

Le 26 juillet, le site Arrêt Sur Images publie une enquête  révélant que Jean-Michel Bezat, journaliste au Monde, qui avait publié la veille un reportage favorable à l'exploitation du gaz de schiste intitulé : "Bienvenue à Fort Worth, Texas, la capitale du gaz de schiste", avait bénéficié pour ce reportage d'un voyage de presse financé par Total. Sans compter l'éditorial du Monde du même jour intitulé : "n'enterrons pas le débat sur le gaz de schiste"...

Au Total (si j'ose dire) :

 - Je n'ai trouvé sur le site du Monde aucune déclaration de liens d'intérêts du journaliste Bezat auteur de la quasi publi-rédaction révélée par Arrêt sur Images. Aucune déclaration d'intérêts, même pas fausse,  inexacte, ou partielle. Aucune. Pas davantage d'ailleurs des autres journalistes du Monde, ni de la presse en général. Dans "des" medias français, comme en médecine, la confiance repose sur l'opacité.
Rappelons quand même que si les conflits d'intérêts de Robert Molimard avec les cigarettiers remontent à plus de 15 ans, ceux de Bezat avec les pétroliers datent de juillet 2012. 
Le Formindep publie les déclarations d'intérêts de ses auteurs et reconnaît ses erreurs. Le Monde lui cache les conflits d'intérêts de ses journalistes.

- Suite à la révélation d'arrêt sur Images, je n'ai trouvé de la part du Monde ou du journaliste gazéifié par Total, aucune déclaration pour s'expliquer, s'excuser, proposer sa démission, remettre en question la gestion des conflits d'intérêts, ou plutôt leur absence de gestion des conflits d'intérêts. Rien. Nib. Que dalle. Le Formindep lui tire les leçons.

- Stéphane Foucart, journaliste déjà nommé, ne s'est répandu dans aucun media, radio, télévision, Internet, pour remettre en question la crédibilité des infos du Monde. Pas plus lui d'ailleurs qu'aucun autre journaliste de la médiasphère. Pas plus de remise en question que de gaz de schiste au fond de mon slip après un copieux cassoulet.
Par contre le lendemain de la quasi publicité rédactionnelle de son confrère, il tentait lamentablement de ramer à contre-courant en publiant un article révélant (sans rire) les liens d'intérêts d'un rapport US favorable aux gaz de schiste : "aux Etats-Unis, un rapport douteux sur les gaz de schiste" s'intitulait l'article. Par contre, pas vu l'article intitulé : "au Monde, un reportage douteux sur les gaz de schiste". S'agirait pas de cracher dans la cuve à fuel quand même. Reste à savoir si l'éthique, la honte et le ridicule se dissolvent dans l'huile de goudron.

journaliste en plein conflits d'intérêts


Im(moralité)

Le Monde, mais pas que le Monde car en règle générale les journalistes français n'ont hélas rien à envier aux médecins en matière de soumission aux lobbies et de corruption, continue à utiliser avec brio les outils traditionnels de la presse française pour gérer ses conflits d'intérêts : opacité, copinage, hypocrisie, silence, tentatives d'enfumage, dénigrement public des rares acteurs de l'indépendance de l'information, etc. 
Rien de tel en effet que les bons vieux instruments de la manipulation de l'information ayant fait leur preuve et amoureusement peaufinés au fil du temps et de l'histoire. 
Ce vieux monde, celui du siècle dernier,  pue vraiment trop. Vivement le nouveau, celui d'une information transparente et humble.




PS : Mieux vaut lire en effet les infos scientifiques du Formindep que du Monde, en particulier l'extraordinaire lettre de Robert Molimard à la HAS, pour réclamer une expertise indépendante lors de la réévaluation de la reco sur l'aide à l'arrêt du tabagisme : Le mythe de l'addiction à la nicotine.
Un document de formation que tout prescripteur, vendeur et utilisateur de patch nicotinique devrait lire.



samedi 21 avril 2012

Chouette c'est pas toujours les mêmes qui morflent

 

L'ultra-milliardaire Warren Buffett, victime du lobby de la prostate. 

Gnarf, gnarf... On croit rêver.

Dépisté jusqu'à ce que mort s'en suive les potes...

Zyeutez donc moi ça :

What We Can Learn From Warren Buffett's Prostate Cancer  

Dans le même registre, j’ai rencontré récemment une journalisse parisienne branchée, de celles qui révèle les scandâles, prout-prout, fréquente les hauts sommets de la médecine -  ceux qui savent - .  

Elle se vantait la garce de se faire irradier le nibard avec conviction tous les ans... chez le meilleur bien sûr, l'amputologue à miches trois mamelles du Guide Miche-fin...  "On ne sait jamais Julien !" 

Elle avait pas eu le courage d'ouvrir le livre de Rachel Campergue que je lui avais pourtant refourgué, la journaleuse. La vérité, parfois dure à lire, c'est vrai. 

LE critère de la qualité des soins, c’est l’indépendance des prescriptions et pas le niveau des dépassements d’honoraires du notable avarié. 

L'indépendance de la prescription c'est d'abord et avant tout chez les petits généralistes de merde sans intérêts qu'on la trouve. 

Du moins ceux qui conpissent les foires aux labos. Comme l'incroyable congrès de la merdrecine générale de Nice, si courageusement promu par les collabolabos. La culture de congrès rien que ça !... Et puis quoi encore... C'est à ça qu'on les reconnaît, les cultivés du congrès. Quand le ridicule leur sert de carrière.

L'indépendance de la prescription, c'est quand les pauvres, au moins une fois dans leur putain de vie à la con, ont une chance de clamser après les riches.

L'indépendance de la prescription, c'est ça la vraie révolution !... ¡ Arriba !... 

Allez voter !

vendredi 12 août 2011

Peu de bruit pour si peu

Histoire banale.
Dans une cité comme une autre des jeunes tiennent les murs chaque soir au bas des blocs. Bruits, cris, agitations tard la nuit, insultes sur ceux qui leur demandent de se taire. La police ne vient pas bien sûr, il ne faut pas provoquer. Zone de non droit, etc. Exaspéré, un soir, un vieux qui vote sans doute Front National, prend sa carabine et en shoote un, du septième ce soir là. Un jeune meurt. Drame des banlieues titre la presse, l'appart du vieux est saccagé. Une marche silencieuse est organisée en mémoire de la victime. Comité de soutien au tireur : il n'en pouvait plus, il avait appelé la police 17 fois. Le procès a lieu. Le vieux est condamné, circonstances atténuantes ou pas. La justice a passé. On ne fait pas sa loi soi-même. Histoire banale. Je vous l'avais dit.



Le lac des Ibis au Vésinet
Chez les riches c'est plus simple. Mariage maghrébin en banlieue. Youyous, coups de klaxons, drapeaux algériens aux portières des voitures, dérapages sur la place devant la mairie. Et belles photos des mariés. A Roubaix on va au Parc Barbieux. A Nanterre on va sur les pelouses du Vésinet. Bruits, cris et agitations. Fête et belles photos. On ne fait que passer sur les pelouses. On ne s'incruste pas. Mais c'est déjà insupportable pour ce vésigondin-là. Et quand le vésigondin sonne la police arrive. Vite fait puisqu'elle est déjà sur place la police. La tranquillité des riches en Sarkozie ou ailleurs. Alors les choses redeviennent banales. Course poursuite d'un jeune en scooter. Un jeune meurt. Les versions seront toujours différentes bien sûr entre la police et la famille. Force reste à la loi. Pas de titres dans la presse ou si peu, pourtant des journalistes au Vésinet il y en a. Pas de procès, pas de condamnation, pas de bruit. Juste la souffrance d'une famille et la tranquillité du Vésinet, infinies toutes les deux. Ici pas besoin d'arme à feu, c'est simple comme un coup de fil.








mardi 14 juin 2011

Demande de retrait de photographie de mademoiselle Zahia Dehar

J'ai reçu ce courriel d'une officine qui se préoccupe de la réputation électronique de Mlle Zahia Dehar qui avait défrayé la chronique footballistique dans des temps heureusement révolus. Evidemment j'ai tout anonymisé pour éviter tout problème.


Bonjour M. Bezolles,
 
Je me permets de vous contacter pour le compte de Mademoiselle Zahia Dehar qui a délégué à notre société XXXXXXXXXX la gestion de son image et de ses droits sur internet.
 
Vous avez publié une photographie de notre cliente sur votre site internet à la page suivante :
 
http://julienbezolles.blogspot.com/2010/05/bon-de-transport.html

Pourtant, Mademoiselle Dehar n’a jamais donné son autorisation préalable pour que cette photographie soit reproduite et publiée sur votre site internet. Cette autorisation est pourtant nécessaire. En effet, chaque individu, quelle que soit sa notoriété dispose  sur son image et l’utilisation qui en est faite, d’un droit exclusif qui lui permet de s’opposer à sa diffusion sans son autorisation. Ainsi, cette diffusion porte atteinte au droit à l’image de notre cliente au sens de l’article 9 du Code civil. De plus, j’attire votre attention sur le fait que Mlle Dehar était mineure lorsque cette photographie a été prise.
 
En outre, la diffusion de cette photographie est très préjudiciable pour Mlle Dehar dans la mesure où elle ne reflète plus sa personnalité et ses perspectives actuelles.
 
Ainsi et compte tenu du préjudice important que subit notre cliente, je fais appel à votre compréhension et vous demande de bien vouloir retirer la photographie que vous avez publiée.
 Bien cordialement,
--
AlXXXXXXXX
Juriste

Tel. direct:
Blog: http://www.XXXXXXXXXX
Twitter: @rXXXXXXXXX
 Facebook: facebook.com/XXXXXXXXXX
 

Effectivement, y a outrage. Et j'en présente très sincèrement toutes mes excuses à la victime. J'ai donc totalement modifié la photo de façon à la rendre absolument impossible à identifier, et suite à une relance de cette entreprise de purification électronique, je l'ai même supprimée.  Jugez par vous même sur la page concernée : http://julienbezolles.blogspot.com/2010/05/bon-de-transport.html 
Pour montrer toute ma bonne volonté et réparer ainsi mon erreur je vous invite donc tous à vous rendre sur le site officiel de Melle Zahia Dehar afin que vous réalisiez à quel point son site actuel ne reflète plus sa personnalité et ses activités passées. Encore toutes mes excuses, et que ceux qui hébergeraient encore sur leur blog, de façon tout à fait involontaire comme moi, des photos de la Zahia Dehar d'avant s'empressent de les occulter. Merci.


 

samedi 30 avril 2011

L'arrêt de travail à deux vitesses de la Securitate Soziale de Troussidon sur Glavieuse


C'est Madame Zalo, la cinquantaine ALDisée hypertense dépresse obésivo-rhumatiforme, en arrêt de travail longue durée, je-supporte-plus-rien-docteur, dans l'attente d'une invalidité libératoire, et qui vient chercher la prolongation de son arrêt de travail débuté par le psychiatre il y a quoi allez un an au moins si c'est pas plus.
- Et vous pourriez pas me marquer 6 mois d'un coup docteur ?
- Ben c'est que tous les trois mois ça me semble bien comme ça madame Zalo.
- Et puis y a les honoraires libres, je veux dire les horaires libres docteurs. L'assistante sociale de la caisse elle m'a dit qu'y faut que vous me fassiez un certificat médical pour les justifier.
Vapeur. Alerte 1...
- Elle m'a dit que quand c'est le spécialiste ça va y en pas besoin du certificat, mais que si c'est le généraliste alors là il en faut un de certificat.
La cuve de confinement commence à se fissurer. Bouillonnement. Alerte 2.
- Ouiii et puis quoi encore ? D'abord et d'un y a pas besoin de certificat, et deux depuis quand il y a des arrêts de travail à deux valeurs, le spécialiste c'est le vrai et le généraliste faut justifier ?
- Elle dit que c'est parce que c'est parce que vous avez peut-être pas les nouveaux formulaires et que c'est marqué dessus. Et puis le docteur de la sécu, y m'a dit que c'est pas parce que vous avez les horaires libres que vous aurez pas de contrôle. Alors je lui ai demandé pourquoi, et il m'a dit : juste comme ça, pour prendre de vos nouvelles.
Boum, ça y est. Explosion de la cuve. Relarguage radioactif, fulminance. Alerte niveau 4. Evacuation de la salle d'attente. Périmètre de sécurité.
- Madame Zalo y a un moment où il faut arrêter les conneries, d'abord je sais ce que je dis, et ensuite de quoi elle se mêle cette assistante sociale, vous avez qu'à lui dire de m'appeler.
- Bon.
Généralement ça suffit à les décourager les cons, les petits fachos d'administration, les kapos de securitate, les chefaillons de sévices, les Eichmann en herbe, ceux qui nuisent sans risque, cul peinard posé sur leur anonymat, leur bureau, leur règlement, attendant la prochaine en toute indécence. C'est comme ça on y peut rien ma brave dame, votre dossier est pas complet, la photo est trop souriante.
Mais y en a des qui osent malgré tout, sûrs de leur fait, armés de leur fonctionnarité sans faille telle une arme de dégradation massive.

C'est ainsi que quelques jours plus tard Mme Zalo m'appelle, en éclaireuse, bouche émissaire, salivante gourmande rien qu'à l'idée. Va se faire enfoncer le Bezolles, profiondément.
- Je crois que l'assistante sociale va vous appeler aujourd'hui docteur. Et je l'entend bien le sourire en coin, le petit plaisir sadique, le rictus pervers.

L'après-midi.

- Bonjour c'est Madame Jolivet de la CPAM de Troussidon sur Glavieuse. Je vous appelle à propos de Madame Zalo et de son arrêt de travail... Donc je vous confirme bien qu'il faut que vous lui fassiez un certificat médical pour justifier de ses sorties libres à Madame Zalo. Au service médical, quand l'arrêt de travail est fait par le cancérologue ou le psychiatre c'est pas nécessaire, ça passe comme ça, mais si c'est  le généraliste, alors c'est différent là il en faut un.
- Dois je comprendre de vos propos chère Madame que le sévice médical, alias SM, de la Caisse de Securitate sociale de Troussidon sur Glavieuse, a généré l'arrêt maladie à deux vitesses, celui du spécialisse qui passe tout seul et celui de la soumerde  généralisse, suspect par essence et redevable d'un certificat médical. Mais c'est pas légal tout ça ma pauvre.
Je porte à votre connaissance qu'aux termes de l'article R323-11-1 du Code de la SS du 12 septembre 2007, pour des sorties libres de l'assujeti, le praticien "porte sur l'arrêt de travail les éléments médicaux le justifiant".
Je ne vois donc, sauf modification récente de la législation que je vous remercie de bien vouloir me communiquer sans tarder, que l'instauration d'une nouvelle mesure oppressatoire pour les assujettis sociaux profiteurs, humiliatoire pour les soumerdes généralisses, les obligeant à justifier sur un certificat médical idoine ce dont les spécialistes seraient exempts du fait de leur supposée excellence , mesure dont vous vous faites la complice zélée
Je précise par ailleurs que dans le cas de Mme Zalo, je suis le médecin traitant qui a obtenu sa reconnaissance en ALD qui lui était refusée depuis des années par les medcons du sévice médical de la securitate, et qu'à ce titre si, par des circonstances que je ne saurais toutefois défendre, il devait être entériné par votre administration une expertise particulière pour apprécier la capacité de Mme Zalo à sortir de chez elle entre 9 h et 11 h et 14 h et 16 h, je pourrais défendre l'idée qu'elle me soit reconnue prioritairement.
- Oui mais vous comprenez docteur, mon attitude est de défendre l'intérêt des malades.
- Au prix de cautionner et défendre le fait que le sévice médical s'assoit sans vergogne sur la légalité et contribue davantage à l'humiliation des généralistes, qui je vous l'accorde volontiers l'ont bien cherché par leur comportement en général et celui de leurs syndicats en particulier ? Drôle de conception de l'intérêt des malades, en république
- Ah, ça je ne sais pas, vous m'embrouillez avec vos histoires, je que je sais c'est que ça fonctionne comme ça à  la Securitate Soziale de Troussidon sur Glavieuse, et je vous invite à vous adresser au Sévice Médical de la Sécuritate Soziale si vous y trouvez à redire.
- Je vous en remercie. Bonne continuation et bonjour chez vous numéro 13.

vendredi 1 avril 2011

Le doigt m'habite... profiondément !

Vive la médecine générale libre ! et la fmc de Dinan

jeudi 24 mars 2011

La Complainte des Experts

Les experts sont pas contents. Parait qu'on les aime pas. Et ils le font savoir. Bien sûr pas les experts Miami, New York ou Las Vegas, ceux là ils savent bien qu'on les aime, les chouchoute, les dorlote.  Mesurent ça à l'Audimat eux.

Ceux qui geignent c'est les experts Afssaps... Y aurait scandale, injustice, opprobre. Après tout ce qu'ils ont fait pour nous. C'est pô juste.

Vous savez bien pourtant, les experts Afssaps...

On les voit pas à la télé eux mais putain qu'est ce qu'y bossent. Avec leurs petits microscopes, leurs loupes, leurs expériences, les appareils compliqués et tout ça. C'est sûrement même mieux qu'à la télé... Et la preuve c'est qu'on peut même pas comprendre...  eux experts, nous trop cons. Ils savent. Et ils savent qu'ils savent.

L'Expert Afssaps au secours de la Pharmacopée Française.  Extrait du tome 5 de la Rubrique à Brac de Gotlib (Ed. Dargaud)
Experts Afssaps bon sang !... ceux qui donnent leur avis sur les médicaments, les produits de santé, tout ça, qu'après grâce à eux on les retrouve sur nos ordonnances les médocs, dans notre bidoche, en toute sécurité bien sûr, puisque ça s'appelle l'Agence Française de SECURITE sanitaire des produits de santé et que c'est eux les experts.. Ils les décortiquent les médicaments, ils les analysent, les passent à la question, c'est pour nous qu'ils se donnent tant de mal, qu'y se décarcassent façon Ducrocq les Experts Afssaps. Pas pour les labos, beurk. Bien sûr que non.

Et y a même pas besoin de les payer pour ça... Ils font ça GRA-TOS !... pour le fun, par abnégation, sacrifiscience, garanti.

Donc grâce à eux, à leur excellence, leur expertise, leur compétence, leur bonne volonté, leur dévouement, pas de risque qu'on en ingurgite des cochonneries pharmaceutiques... Rien que du bon, du propre, du pur...

Tous ces produits n'ont jamais été mis sur le marché, ou alors dans un univers parallèle, celui des méchants, de l'anti-médecine, médecine fiction, film catastrophe : Mediator°, Vioxx°, Avandia°, Nexen°, Acomplia°, Di-Antalvic°, etc. etc.

Mieux : grâce aux experts Afssaps, sécurité sanitaire et tout le bordel, elles ont même jamais été découvertes ces merdes. Rien du tout.

Le gringo de chez l'Afssaps il a fait la moue écœurée en plongeant sa main dans le sac de poudre tout en reniflant la molécule de chez le sale labo : "Oh la ! Pas de ça chez nous señor Servier... On prend que du bon nous à l'Afssaps." - "Aïe ! caramba, vous êtes dour avec nous señor Afssaps... Et comment on va faire nous pour les engraisser nos actionnaires à nous ?" - "Pas mon problème don Servier..."

Eh oui, ça se passe comme ça chez les Experts Afssaps.

Alors il disent dans une "lettre ouverte" qu'on les aime pas, et que c'est pas gentil ça non. A qui qu'ils causent dans leur lettre ouverte ? on sait pas bien mais on imagine que c'est à nous sans doute, à ceux qui trouvent qu'ils ont pas fait du bon boulot, qu'osent les critiquer, dire qu'ils pouvaient mieux faire, à ceux qui bouffent les medocs dont ils nous garantissent la sécurité...

 Alors des fois qu'on comprenne mal, qu'ils soient mal entendus, ils en ont fait deux versions de leur lettre ouverte. Si. Autant de souffrance, ça mérite bien de le dire deux fois.

Une première, début février, qu'ils ont envoyé à la presse, mais l'ingrate, l'inconsciente, qu'elle en a pas parlé. Passée inaperçue. Par décence peut-être ?...  On peut rêver. Ils auraient dû la fourguer à Gérard Kouchner, Monsieur Frère du Quotidien qui fait pas dans la rubrique des Chiens Ecrasés. La rubrique experts salis, experts déconsidérés, mais experts debout, il la nourrit lui.

Mais ils ont pas compris, pas compris au premier essai que le niveau d'indécence était explosé, catapulté, tsunamitisé. Mais un expert, un vrai, ça ferme pas sa gueule, ça publie, ça écrit ça récidive, ça s'entête, ça s'obstine, ça persiste, c'est même à ça qu'on le reconnaît. L'abnégation. le combat altruiste, jusqu'au sacrifice...

Alors ils nous en ont déféqué une deuxième lettre ouverte, un mois plus tard. La version 2.0. de la complainte de l'expert.

La même exactement... mais à un point de détail près...



La version 1 de février 2011

La version 2 de mars 2011
Les signataires de la version 2

C'est là que ça devient drôle...

Dans la première version celle du mois de février 2011, ils font rien qu'à se plaindre : on est gentils, désintéressés, compétents, dévoués, on déclare bien qu'on est des larbins labos (pisqu'on est obligé), et malgré tout ça on nous traite. Vilains... Si vous saviez comme on souffre.

Dans la deuxième version, y a nuance. Ils apportent la touche de compassion, la dimension humaine, celle du Dr Ventouse le bobologue de chez Brétécher qui impose-propose au patient la datte fourrée à la fin de la consultation médicale passée devant l'écran d'ordinateur.
C'est que sous l'expert y a un coeur qui bat tout de même. Humain mais oui madame. Alors on pense aux victimes... dans la deuxième version. C'était qu'un oubli. Vous comprenez le choc de se voir injurier, molester, vouer aux gémonies... On perd ses repères.Y a de quoi.

C'est-y cette touche d'émotion qui a vu augmenter le nombre des signataires ? Va savoir.

Moi je vais vous dire ce qui s'est passé entre les deux versions de cette saloperie puante, parce que j'en sais des choses moi, je suis au cœur de l'info moi, au fait des scoops le Bezolles !...  C'est qu'entre les deux versions de leur putridité, un journaliste leur a demandé (je sais qui c'est mais je vous dirais pas) : "vous avez imaginé un seul instant la lire devant les victimes du Mediator votre serpillère ?..." et y en a un, de ces foutrexperts, qu'a rétorqué : "Ah ben tiens non, on n'y avait pas pensé..."

Pour sûr qui zy avaient pas pensé aux victimes, ni maintenant, ni avant, ni après.

Mais étudions de près les différences.

Dans la première version de la déchirante complainte des zexperts les événements sanitaires de l'actualité étaient juste "préoccupants", dans la deuxième ils deviennent "bouleversants". En un mois nos experts sont passés du niveau "préoccupé" au stade "bouleversé". Pendant ce temps à Fukushima, on est passé du stade 4 au 5. Y a corrélation. Ça monte dans le niveau d'immondicité.

Sinon dans la suite du texte rien ne bouge; sauf qu'entre les deux versions, la Santé Publique, de majuscule devient minuscule, commune, simple santé publique. Ils ont raison. On n'a pas à appeler les filles publiques par leur nom, tout au plus par leur surnom : la Grosse Lulu, Frida-Cuisses-en-l-air, Lola-fais-moi-tout, Madame Germaine pour la mère maquerelle, plus respectable, mais pas trop. Faut pas déconner.

Rien ne change ?... Ah mais pardon mais non...  Scusez de l'oubli. Majeur pourtant...

Y a le nouveau paragraphe, celui qu'il leur a fallu plus d'un mois pour l'élaborer aux zexperts, réflexions en commission, amendements, modifications, vote à la majorité, expression des avis divergents... moins rapide qu'une AMM à attribuer à un me-too,  plus vite que le Mediator à retirer du marché.

Rapprochez-vous de votre degueularitorium, braves gens, augmentez la perfusion de métoclopramide, on y va...

C'est le troisième paragraphe, celui pour le lacrymatorium à chaumières :
"Les experts, soucieux avant tout des patients et de la santé publique, sont bouleversés par cette "affaire Médiator*" et ses conséquences pour les patients. Ils sont sensibles à la douleur des patients et aux inquiétudes des citoyens et souhaitent agir pour que de telles situations ne se reproduisent plus."
Ils l'ont dit, ils l'ont fait. Ils ont osé.

Ainsi il leur a fallu un mois pour devenir soucieux des patients ces petites choses là. Bouleversés maintenant, sensibles à la douleur... Avant ils s'en foutaient on le savait bien. Tout ce qui les préoccupait c'était le nombre de leurs publications, l'impact factor de la revue, leur indice de carrière, et le choix du prochain congrès dans un lieu exotique qu'il leur reste à découvrir : Hazebrouck ou Thionville ? Ils hésitent encore...

Mais maintenant c'est bon. Ils ont retrouvé les patients les experts. Et même que ça les bouleverse... C'est donc ça un patient ? Comme c'est bizarre... Venez voir celui-là les aminches, il bouge encore je vous dis. Moi qu'en avait vu qu'en compte-rendu... Y en a donc des vrais ? Rajoute lui donc 3 grammes de Mediator, voir jusqu'où il tient.

Maintenant la lettre est présentable, la plainte est audible, c'est bon tout y est, le mot pour les victimes.

Immonde.

On s'arrête là, le vase de nuit est plein ? ou je vous en macule encore de la fionterie expertale ?
"C'est le secteur de la santé qui est le plus en avance dans le domaine des déclarations d'intérêts."
Eh c'est sûr que c'est le plus avancé, eh banane ! Dans le sens puant dégoulinant, calendos grouillant de vers pharmaceutiques... Même Saint Martin d'Hirsch il en est revenu du secteur de la santé, qu'il déclare devant le Sénat, à la mission d'information sur le Mediator, que s'il devait réécrire son livre sur les conflits d'intérêts il ne prendrait plus l'exemple de la santé.
"L’opinion publique ne doit pas ignorer non plus que les experts continuent cependant à travailler, la démission n’étant pas acceptable pour des acteurs militants de la santé publique."
 Alors là moi je dis pardon mais y a contradiction, ils auraient dû se relire les militants. Au premier abord ils disent dans leur paragraphe compassionnel rajouté qu'ils "souhaitent agir pour que de telles situations ne se reproduisent plus", et au deuxième rabord expriment que leur démission n'est pas acceptable !... Voilà ce qui arrive quand on se force. Fallait pas le rajouter le paragraphe larmoyant, ça interfère avec le reste. Faut y croire un minimum sinon ça risque de se voir.

Mais foutre d'empaffés, c'est bien justement votre démission qui serait le seul geste utile pour éviter que ça se reproduise. Y en pas un qu'a réalisé ? Pas un seul qu'a gardé un peu de dignité, d'honneur, qu'a ouvert les yeux ?

Au Japon, la direction de TEPCO a pris la parole pour s'excuser publiquement des nuisances qu'ils avaient occasionné à la nation japonaise.

Je déclare un conflit d'intérêts : dans la liste des signataires de cette conchiure il y a le spécialiste universitaire qui est à l'origine du nom de ce blog, celui qui m'a appelé  petit généraliste de merde sans intérêt. Authentique ! A peine sorti de prison v'là qu'il récidive. Ah on n'est pas sorti de la merde moi je vous dis !













mercredi 17 novembre 2010

Je n'ai jamais prescrit de Médiator (benfluorex)...

... ni d'Avandia® ou d'Avandamet® (rosiglitazone associée ou non), ni de Vioxx® (rocécoxib).
Je ne prescris plus de Di-Antalvic® (dextropropoxyphène associé) depuis au moins 10 ans. Je ne prescris plus de statines aux femmes qui ont du cholestérol mais qui n'ont jamais fait de problème cardiaque ou vasculaire. Je ne donne plus de sirop aux bébés depuis au moins 10 ans. Je ne propose pas le dosage du PSA chez les patients asymptomatiques sans antécédents familiaux de cancer de prostate (et encore !), je ne propose pas davantage la mammographie de dépistage chez les femmes sans antécédents familiaux de cancer du sein (et encore !).
Je prescris de l'Esidrex® (hydrochlotothiazide) en première intention chaque fois que possible chez un patient hypertendu. Je ne prescris jamais de sartan en première ni en deuxième intention chez un hypertendu, pas en tout cas d'avoir essayé un IEC.
Ma principale activité devant un nouveau patient consiste généralement à lui déprescrire un certain nombre de cochonneries qu'il prend.
etc. etc.

Je me vante ? Je me crois meilleur que les autres ? Je suis un génie ? J'ai prévu tout avant tout le monde ? je me la pète grave ? Je suis un menteur ?

Eh ben non ! Au contraire, je revendique altièrement le titre de petit généraliste de merde sans intérêt. Sans intérêts avec les vendeurs de médicaments et leurs représentants. Depuis maintenant près de 20 ans.

La seule compétence que je me reconnais et dont je suis fier, est celle de connaître mes incompétences, mes limites et mes faiblesses. C'est pour ça que j'ai pris les moyens d'essayer d'y de les (merci Malika) pallier, de me protéger et d'en protéger ceux qui me font confiance pour les soigner.

Pour ça j'ai choisi à partir du jour où j'ai pratiqué la médecine générale cette merde de me former à l'abri des influences commerciales. En lisant au départ la revue Prescrire, puis progressivement en me libérant, je dis libérer car c'est bien de cela qu'il s'agit : une libération, des pressions professionnelles et commerciales qui m'incitaient à prescrire et à soigner selon des données publicitaires et non pas scientifiques.

Tout ce qui fait la une des medias aujourd'hui sur le Médiator et autres saloperies est pour moi un non-événement. Tout cela je le savais, parce que j'ai accès à une information non commerciale, mais scientifique sur les médicaments. Tout cela j'en ai protégé et épargné mes patients. Un certain nombre d'entre eux sont partis voir ailleurs puisque je résistais, et comble de perversion de cette pourriture de système de soins, j'ai perdu du fric à vouloir leur éviter du mal.

Si je ne suis pas le seul à avoir su avant les autres, je sais que nous sommes encore extrêmement minoritaires, nous, soignants libérés, émancipés, des influences de ceux qui nous enchaînent, leaders d'opinions corrompus par les intérêts marchands, autorités sanitaires annexes des services marketing de l'industrie, politiques trempés, imprégnés, salis des intérêts industriels et privés, comme l'actuelle secrétaire d'état à la santé.
Libérés du mépris et de la honte.
Fiers de d'abord n'avoir pas nui, comme le prétend le fondement d'une déontologie, que le désOrdre des médecins s'applique consciencieusement à pervertir.

Au nom de la médecine je présente mes excuses à toute ses victimes, passées, présentes et à venir.
J'appelle les patients citoyens et usagers à exiger des soignants libres.
J'appelle les soignants mes frères à briser les chaînes qui les asservissent.