mercredi 25 mars 2009

C'est pas l'autre, c'est moi !


Rions un peu (jaune) avec le communiqué ci-joint du cartel des "sociétés savantes" de médecine générale, qui nous explique que la médecine générale, c'est pas le Médec, c'est eux.

Attendons le communiqué du Leem qui les départagera et pourra confirmer que, Médec ou Congrès de médecine générale de Nice, ces deux réunions restent avant tout les congrès de rabattage des médecins pour l'industrie pharmaceutique.




En terme d'image et de crédibilité pour l'industrie, le congrès de médecine générale est même sans doute plus efficace. Ci-contre les partenaires "principaux" du Vrai Congrès de Médecine Générale. Effectivement le Médec va devoir faire attention... Il ne leur manque que Nestlé, Coca-Cola, Lesieur et Mac Do pour faire aussi bien.












Laissons enfin couler une larme de colère sur la participation de la Société de Formation Thérapeutique du Généraliste (SFTG) à cette mascarade qui, pour maintenir ses parts de marché dans la formation des généralistes, s'assoit copieusement sur son éthique. (voir ci-joint l'extrait de la charte éthique de la SFTG, consultable sur leur site).


Pour conclure, une devinette :
A quoi reconnait-on en France un formateur (masculin) de médecine générale qui a conservé un peu de souci éthique ?

Réponse :

Au fait qu'il a le visage tailladé.
Parce que comme ils n'ose plus se regarder dans la glace, il se coupe en se rasant le matin.
Sauf les barbus... Bien entendu !

PS : Ceux qui sont glabres et sans cicatrices sont probablement professeurs de médecine générale.

lundi 16 mars 2009

De quoi la HAS est-elle le nom ?


Réponse : de l'industrie pharmaceutique.

A nouveau, le Formindep assène les faits dans toute leur cruelle réalité, à travers un article de la qualité d'une publication internationale, et en tire normalement les conséquences politiques et médicales :

Il faut que la HAS arrête de se moquer des soignants et des patients.

A lire d'urgence sur le site du Formindep :

mercredi 4 mars 2009

Prescrire la faute : la réponse au Jeu


Bravo à tous ceux qui ont essayé de trouver la faute inexcusable de Prescrire dans le jeu que je vous ai proposé le 18 février dernier.

Les efforts étaient méritoires et la capacité à la lecture critique des participants est remarquable : oui, Tiphaine, il semble bien que la mort ne soit un trouble psychiatrique que dans certaines circonstances très rares. Bien vu.

Mais la tâche était ardue pour qui ne pratique la sodomie de diptères que de manière occasionnelle. Ne vous en voulez pas trop, donc.

Il s'agit d'une faute qui, même si elle peut sembler mineure à ceux qui ne se contentent que d'une information superficielle et grossière, met assurément en danger la crédibilité de l'information fournie par cette revue.

Voilà l'erreur, voici l'horreur :

Elle se situe dans la troisième colonne de la page, dans l'article concernant la 5ème époétine bêta pégylée...

Au milieu du troisième paragraphe...

Regardez bien.

Oui, ça y est ! Vous avez bien vu !...

L'apostrophe entre le "L " et "hémoglobinémie" EST A L'ENVERS !!!!

Comme pour le nez de Cléopâtre, cette apostrophe invertie change aujourd'hui la face de la médecine. Pour des milliers de soignants francophones indépendants de par le monde, c'est un mythe qui s'effondre.

Revêtez le crêpe noir et les habits de deuils, déchirez vos vêtements, convoquez les pleureuses.
Jour sombre et funeste.

Prescrire est faillible. La preuve consternante s'étale, là, sous nos yeux baignés de larmes et de colère

Ainsi, il n'aura pas fallu longtemps après le départ de ses fondateurs pour que les choses se dégradent au sein de cette revue, faisant perdre aujourd'hui, aux rares tenants d'une information fiable, indépendante et de qualité, les seuls repères qui leur restaient pour des soins de qualité.

Les responsables actuels mesurent-ils le désarroi dans lequel ils nous plongent !

D'ores et déjà, les experts s'interrogent :

S'agit-il d'un transitoire relâchement ainsi qu'il peut s'en produire chez des êtres humains non mutants, dont on croyait pourtant qu'ils étaient immanquablement récusés lors des entretiens d'embauche dans cette revue ? Ce serait déjà très grave, mais tout espoir ne serait alors pas perdu.

Ou bien, est ce le premier signe d'une dégradation lente et inéluctable de cette publication, dont on peine à imaginer avec horreur la suite : fautes de ponctuations (c'est fait), puis d'orthographe, puis de mise en page, jusqu'à des numéros de références inexacts ?

On n'ose aller plus loin. Ca tourne au cauchemar.

Sur la pente glissante, verglacée et savonneuse de l'approximation, va-t-on en arriver un jour à des informations non fiables, des données biaisées ? A promouvoir un produit de santé dont les effets indésirables seraient mal connus, l'efficacité mal étayée, l'apport à la pratique médicale nul ou mal établi ?

Non ! Pitié ! Tout mais pas ça !

D'ores et déjà, lors de la prochaine réunion sabbatique dans laquelle ils se complaisent à se retrouver, j'ai nommé le Médec, les nombreux adversaires de Prescrire s'apprêtent à sabler un champagne qu'ils n'auront pas payé. On les imagine, réunis autour du représentant du Leem à queue fourchue, les diaboliques suppôts ordino-syndicaux, les succubes des zautorités sanitaires, les hydres des sociétés savantes, les gorgones de la formation médicale et autres rabatteurs de chair médicale pour l'industrie, les vampiriques assureurs privés et publics, tous clapotant dans la même fange nauséabonde, éructant leurs sarcasmes les plus gras, se gobergeant de la faiblesse enfin révélée de notre Phare Maceutique. Ils ont gagné !

Aussi, chers amis indépendants, qui à travers ce post, prenez conscience de la catastrophe qui nous menace, je vous en supplie, gardez cette information pour vous.

Mais pour autant, ne restez pas consternés, abattus par le tsunami qui nous submerge à travers cette dramatique apostrophe.

Agissez ! Réagissez ! Il est encore temps.

Submergeons dans une vague unanime de réprobation encore fraternelle les responsables de Prescrire de courriels, les invitant à se ressaisir avant qu'il ne soit trop tard ! Exigeons d'eux la fidélité aux engagements qu'ils nous facturent de façon astronomique.

Ainsi, à travers cette action coordonnée et majestueuse, porteuse de toute la curatoire dignité dont nous sommes humblement mais fermement investis, nous ferons que cette apostrophe méphitique ne devienne pas la virgule de la décadence qui nous entraînera inéluctablement vers l'abime de la déchéance sanitaire dans lequel nous nous engageons à reculons les yeux fermés, poussés par les forces sataniques du commerce, du lucre et du profit réunis !

Aux l‘armes, citoyens soignants !

dimanche 1 mars 2009

Poésie médicale


Certains reprochent à ce blog un coté trop noir, qui ne mettrait en évidence que l'aspect négatif des choses médicales.

L'objet de ce présent post n'est pas d'expliquer à ces lecteurs, pour qui la fréquentation de ce blog est parfois pesante, combien ce sont eux qui voient trop roses les choses (on verra ça plus tard), mais de leur donner une occasion de souffler, un petit moment de détente quoi, dans ce monde de brutes, à travers cette vraie page de poésie médicale que nous offre cette semaine le magazine "Version Fémina" du groupe Lagardère.

Version Fémina est à la femme ce que la revue Prescrire est aux soignants. Une publication indépendante, donnant des informations fiables, à l'abri des influences industrielles et commerciales.

D'aucuns, sûrement des Bezolles des medias, prétendent que la presse papier serait en difficulté en France... Qu'ils regardent Version Fémina ! C'est le plus gros tirage de la presse en France : près de 4 millions d'exemplaires chaque semaine, et plus de 10 millions ! de lectrices et lecteurs. Comme Prescrire je vous dis. Si un généraliste sur six lit Prescrire, un français sur six lit Version Fémina.

Ainsi, Version Fémina accompagne chaque semaine, avec son alter ego télévisuel TV Magazine, la quasi totalité de la PQR, j'ai nommé la presse quotidienne régionale.

Tout ça pour dire que quand Version Fémina se targue de nous parler santé c'est du lourd.

Sauf qu'en plus, Version Fémina y ajoute la touche de poésie, la goutte de rosée sur la feuille (de papier) du matin qui donne à cette information un peu ardue, technique, froide parfois, la sensibilité et la douceur nécessaires pour la rendre assimilable par le plus grand nombre. Cette sensibilité et cette douceur que nous aimons retrouver chez nos compagnes, quand, le soir, après une journée harassante à avoir négligemment sauvé quelques vies dans l'ingratitude générale, nous la retrouvons, pétulante, parfumée, apprêtée et désirable, elle, qui a passé toute sa journée à bouffer des corn-flakes sur la moquette accrochée au téléphone avec ses amies du club.

Bref. Version Fémina, le rayon de soleil de notre santé. Le rayon de lune, plutôt.

En effet, c'est dans le numéro de cette semaine (n° 361, 1er mars 2009, pages 38 et 39), à la page santé, que la journaliste Marie Robin nous parle de l'influence de la lune sur notre santé. Elle interviewe pour cela un médecin généraliste, si, si, qui s'apprête, comme le hasard est bien fait, à sortir un ouvrage de fond sur la question, qui va paraître, heureuse coïncidence, le 5 mars prochain. Je ne donnerai pas le nom de cet ouvrage qui sera en vente dans toutes les bonnes librairies et dont je ne doute pas qu'il sera bientôt disponible à la Pléiade, compte tenu de son apport à la littérature mondiale, mais son auteur mérite d'être cité : le Dr Henry PUGET, qu'une rapide recherche sur le site du conseil de l'ordre des médecins localise rue de la Pompe dans le 16ème arrondissement de notre capitale. Quasiment un médecin de banlieue.

Julien Bezolles ne reculant devant aucun risque pour satisfaire la curiosité enflammée de ses lecteurs, et toujours dans la perspective de fournir une information fiable, sourcée, pour permettre à chacun de se faire une idée par lui-même, met à votre disposition, bande de petits saligauds, un tiré à part de cet article bouleversifiant.



















Vous l'avez constaté, tout mérite d'être lu, dégusté, j'allais dire siroté. Mais sans perdre de temps davantage, arrêtons nous sur quelques extraits :
"Les germes Escherichia coli, responsables, la plupart du temps, des crises de cystite, prolifèrent lorsque les urines sont alcalines, c'est à dire peu acides. Et justement, c'est le cas en période de pleine lune. Cela a été démontré par des milliers d'analyse d'urine faites sur de nombreuses années. Si une infection urinaire nécessite systématiquement un avis médical, les femmes concernées par ces cystites de pleine lune peuvent agir en prévention grâce à des infusions de canneberge et à une alimentation adaptée pour acidifier leurs urines pendant la pleine lune et durant la semaine qui précéde."
Je demande au lecteur de ces phrases de laisser résonner en lui toute la poésie qui émane de ces cystites de pleine lune, et s'imprégner de la puissance évocatrice de cet alexandrin : "Ô cystit' de plein' lune, infusions de cann'berge"...

"Aaah ! s'écrit Gérard Depardieu dans Uranus, le film du regretté Claude Berri. Je fais enfin des vers !...". Et hop ! une lampée de jaja pour l'inspiration et acidifier ses urines.

Ouuuh ! ouuuh ! Voici le cri lugubre et glaçant de la cystite de pleine lune, désemparée, douloureuse, irritée et errante dans la nuit solitaire éclairée par une lune blafarde et néanmoins pleine, à la recherche éperdue du médecin de garde ou du service d'urgence, découvrant soudain, au détour d'un chemin creux les quelques épis de canneberge salvifique se balançant au mouvement d'une douce brise, dont l'ombre en contre-jour se dessine devant le doux visage de Séléné. Sauvée ! La propriétaire de la souffrante vessie tend une main tremblante d'espoir pour recueillir tendrement, au creux de sa paume, les quelques grains strictement nécessaires, qu'elle rapporte avec respect et reconnaissance pour Dame Nature vers son humble chaumière de la rue de la Pompe, où Conchita l'attend déjà, infusoire en main, pour préparer la décoction bienfaisante.

J'arrête là quelques secondes pour essuyer les larmes qui glissent lentement vers mon clavier. Si vous n'êtes pas aussi ému que moi, c'est que vraiment, vous avez l'âme sèche.

Mais le bon docteur Puget ne révèle pas en nous la seule capacité à émettre des vers. Il nous permet aussi des mycoses. Jugez en par vous même :
"Le pH de l'organisme, et donc le pH vaginal [on pardonnera à cet éminent scientifique le dérapage technique qu'il s'autorise en parlant de pH, mais c'est ainsi, un peu de rigueur que diable, on ne se refait pas] devient plus acide en période de pleine lune; or les champignons microscopiques responsables de ces mycoses se développent particulièrement en milieu acide. Et puis la comparaison peut paraître osée, mais elle est plausible : la lune a les mêmes effets sur les champignons de la nature... Les jardiniers et les agriculteurs le savent bien : croissante, elle augmente les flux de liquide dans les végétaux, notamment la circulation des éléments nutritifs, et accroît leur vitalité. Donc les champignons poussent."
Que de bucolique simplicité dans cette évocation mycotique. Pour en percevoir toute la splendeur, n'hésitez pas à la relire en écoutant les premières mesures de la Symphonie Pastorale, qui exprime avec la même puissance toute la grâce d'une Nature confiée aux outils binants d'agrestes travailleurs mycophiles.

Jean-Pierre Coffe, lui-même, me confiait que les candida albicans de pleine lune sont beaucoup plus goûteux, surtout lorsqu'ils sont confits dans leur leucorrhée d'origine.

Mais le plus beau reste à venir :
"En phase de pleine lune, tout se passe comme si l'organisme subissait une sorte de minuscule marée intérieure, le volume de sang "gonfle" dans les veines. Chez les personnes qui souffrent d'insuffisance veineuse, la sensation de jambes lourdes est alors accentuée. Cela vaut aussi pour les symptômes des hémorroïdes. Cela explique également que les piqûres saignent davantage et qu'il y ait plus de risques d'hémorragies."
Ami de la poésie, sens-tu monter en toi la marée lunaire dans tes hémorroïdes ?"
Hein ? La sens-tu ?

Pour ma part, c'est maintenant une vraie congestion qui m'habite.

Ah ! Imaginer cette petite marée dans mes veines et mes artères.
Ah ! Songer à ce ressac dans mes ventricules, mes varices et mes anévrismes...
Ah ! Ressentir mes hématies monter, tel le cheval au galop, vers mon Mont Saint-Michel...

Aaaaaah, aaaahh, aaah !... (blanc)

Excusez moi de cette interruption momentanée. J'ai dû aller m'essuyer.

Bon.

Alors je vous vois venir, vous, les esprits chagrins, les ayatollahs de la médecine fondée sur les preuves, ceux qui voient tout en noir, ceux qui ne voient dans le corps humain qu'une compilation d'organes.

Je vous entends déjà pousser vos cris d'orfraie : "Charlatanisme !... Scandale !... Comment un médecin peut-il ainsi déconsidérer la médecine ?... Que fait l'Ordre ?... Comment peut-on s'abaisser ainsi ? Tout ça pour faire du fric sur la crédulité des gens ! Des années de patiente et laborieuse éducation à la santé avec nos patients, balayée d'un revers de conneries !..."

Eh bien, amis, calmez-vous !

Moi je dis que quand le foutage de gueule atteint ce niveau de sublime, quand l'art médical rejoint à ce point la poiesis, quand Hermès (dieu du commerce) nait ainsi d'une si tendre et forte étreinte entre Erato (muse de la poésie pastorale) et Æsclapios (dieu de la médecine), alors, oui vraiment, tout devient possible et il faut, tel le docteur Puget, ne pas hésiter car, comme disait le poète, c'est même à ça qu'on les reconnaît.