mercredi 18 février 2009

Revue Prescrire : ça devait arriver - le Jeu -



Chacun connaît l'excellence de la revue Prescrire.

En ce qui me concerne, sa lecture régulière, acharnée et continue depuis le premier jour de ma coupable pratique médicale a constitué, dans un premier temps, mon dépucelage pharmaceutique après ma formation universitaire commercialo-industrielle, suivi d'une forme d'orgasme intellectuel (vous savez les petites étoiles qu'on voit dans sa tête l'espace de quelques secondes et puis après on s'endort repu et ronflant) qui au fil du temps s'est mué en une relation certes moins excitante, mais tout aussi enrichissante, me permettant d'accéder aux sphères trop rares mais privilégiées d'une prescription médicamenteuse rationnelle et surtout débarrassée de ses vilénies commerciales.

C'est évidemment mon opinion, doublée d'une expérience qui, comme on le sait après la lecture récurrente de cette publication, n'a aucune valeur scientifique, mais cela ne m'empêche pas de la partager avec moi-même et accessoirement avec d'autres qui, ailleurs, assimilent la fréquentation de cette revue à une forme de religiosité, qui pour être laïque, n'en reste pas moins suspecte, comme toute croyance.

"Hors de Prescrire, point de salut", proclament certains. D'autres prononcent son Nom avec la déférence propre à toute chose sacrée, en l'accompagnant d'un "béni soit son Nom" systématique et canaliforme lorsqu'il s'agit du déférent.

Je reconnais qu'il fut un temps où je n'étais sans doute pas éloigné de cette forme de vénération, d'autant plus que le mode de relation qu'avait établi son fondateur au sein de cette revue, j'ai nommé Gilles Bardelay lui-même, pouvait, selon certains qui s'étaient trouvés écartés du cercle des Elus, s'apparenter à un despotisme éclairé, voire à une dictature de droit divin. Certains médisants m'ont même rapporté que, selon les propos du Maître lui-même, de GB (qui est le chiffre de sa Hautesse) à KGB, la nuance n'était que d'une lettre.

Putain, qu'est ce que je fais des phrases quand je cause de Prescrire.

Mais voilà, tout à une fin.

Et dussé-je provoquer une vague de suicide parmi les membres thuriféraires de son association dite Mieux Prescrire, ou une avalanche de désabonnement parmi les abonnés exsangues par des tarifs que seuls peuvent se permettre des leaders d'opinion arrosés par les labos, ou pire, la pathétique litanie des sarcasmes pitoyables des cuistres à l'anus déchiré par leurs relations industrielles qui attendent depuis bientôt trente ans la première vraie raison de pouvoir continuer à lui chier dessus avec toute l'arrogante connerie qui caractérise les KOL de la caste hospitalo-universitaire-leemique, servilement relayés par le lumpenproletariat libéro-syndico-ordo-généralistique, eh bien, preuve à l'appui, je le révèle aujourd'hui, accrochez vous à vos ordonnanciers publicitaires : PRESCRIRE N'EST PAS INFAILLIBLE !!!

Si.

Evidemment la Faute est vénielle, mais n'en est pas moins réelle et suffisante pour voir s'effondrer en quelques secondes les années de croyance dans l'infaillibilité prescrificale.

Evidemment la connaissance de la faute prescririenne n'est accessible qu'à une élite dont je me vante d'être un des représentants les plus éclairés, élite de la précision de lecture, élite du discernement critique, et dont vous allez pouvoir vérifier par vous-mêmes, bande de gueux, l'appartenance ou non.

Car vous ne pensiez quand même pas, bande de galopins vicelards, que j'allais, tout benoîtement vous révéler ainsi la réalité de la faute, sans que vous-mêmes, misérables petits scarabées médicaux, vous ne preniez la peine de connecter quelques uns de vos pathétiques neurones pour y accéder par vous-mêmes.

Voir l'Erreur de Prescrire n'est pas, et ne pourra jamais être donnée à tous. Déjà l'accès à cette publication, tant par les efforts financiers qu'elle demande que par sa présentation indigeste que la lecture des Pages Jaunes en commençant par la fin ça ressemblerait à un roman de Tom Clancy, justifie une tournure d'esprit que certains parmi les détracteurs suscités qualifient de perverse. Alors pensez donc ! déceler dans Prescrire une erreur, l'Erreur, n'est plus de l'ordre de la simple perversité, c'est atteindre un sommet du vice, auquel seuls quelques Bénis auront accès.

Je vous soumets donc le défi, bande de débris. Et ceux qui le relèveront se verront accorder par ma Majesté le titre envié, sans passer par les douloureuses épreuves de sélection, d'Enculeur de Mouches de Premier Grade, dont je me flatte d'être le Grand Maître et l'Initiateur.

Vous allez prendre connaissance de la page 17 du numéro de janvier 2009 de la revue Prescrire, là où se trouve la preuve de la déchéance prescririenne. Cette page est en haut de ce message. Je vais laisser 15 jours aux lecteurs de ce blog (déjà 10 000 visites ! mais vous n'avez donc rien d'autre à foutre !...) pour tenter de déceler sur cette page l'erreur.

Dans deux semaines exactement, je vous donnerai la réponse. Et ceux qui auront trouvé LA FAUTE, pour peu qu'ils se soient identifiés par une adresse de courriel valide, recevront par mes soins, spécialement confectionnés à leur attention, le diplôme d'Enculeur de Mouches Prescririennes de Premier Grade.

Vous êtes prêts ?

Auparavant, je tiens à formuler les avertissements suivants :

La participation à ce Sublime Jeu risque, en cas de prescrirodépendance avérée, pour peu que vous trouviez la réponse, d'entraîner de sévères symptômes de sevrage, pour lesquels je décline toute responsabilité et mon avocat est déjà informé.

La désillusion que pourrait entraîner la prise de conscience de la réalité de la faiblesse humaine de Prescrire, pourrait entraîner des gestes impulsifs et désordonnés d'abonnement aux publications industrielles et commerciales susceptibles de nuire à la santé des patients qui persisteraient à vous faire, hélas, confiance. Là encore, dans cette éventualité, Julien Bezolles décline lâchement toute responsabilité.

Bon voilà. C'est tout. A vos commentaires. N'oubliez pas que l'enfer est dans le détail. La réponse le 4 mars 2009.

5 commentaires:

  1. trop dur !! pourtant j'adooore enculer les mouches, vivement la réponse (encore plus palpitant que "les Experts")

    doclili

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  2. le tamiflu ca marche à mort . et sans aucun risque!

    gagné!

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  3. je t'ai reconnu, anonyme de 22:58 !
    Tu es OR, salarié de Roche.

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  4. Euh... une gélule ça peut pas être pédiatrique, sinon, il s'étouffe, le mouflet, non ???

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  5. J'ignorais que le décès était considéré comme un trouble neuro-psychiatrique... J'en apprends tous les jours, merci.

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