samedi 25 avril 2009

Salopards


Je lis dans le Monde daté du dimanche 26 avril 2009 des extraits des techniques d'interrogatoire, comment disent-ils ?, "accentué", pour obtenir aveux et coopération d'être humains, détenus par les Etats-Unis d'Amérique, dans leur lutte salvifique contre le terrorisme islamique.

A moins que vous ne soyez amateur pervers de bondage et de sado-masochisme, vous risquez d'être à votre tour terrorisés par ce que vous lirez, à la fois sur l'immonde fond et sur la forme administrative, froide, descriptive, clinique comme un certificat médical : "vous nous avez informés oralement..." expliquent les auteurs de ces notes.

Mais ce qui est déchirant pour un soignant comme j'ai la prétention de l'être c'est de lire quasiment à chaque ligne, que tout ça ne pourrait être rendu possible, sans la présence, la coopération, la collaboration de médecins, psychologues, qui vérifient à chaque étape et certifient que la victime est apte à être torturée.

Ce n'est pas nouveau, vous me direz, que des médecins collaborent à la déchéance de l'homme. Oui, mais là on le lit, c'est écrit, ça se passe aujourd'hui, ça concerne ce qui se prétend être une démocratie occidentale, comme nous. Le sentiment d'écœurement est renforcée par l'immense hypocrisie où l'on veut donner l'impression et se donner l'impression qu'on respecte des règles, des limites, qu'il y a des bornes au delà desquelles ce ne serait plus acceptable. Et ce sont des médecins qui régulent et déterminent tout ça au bout du compte.

Lisez jusqu'au bout, et vous verrez que l'OMS, oui l'OMS !, l'Organisation Mondiale de la Santé a été consultée et a donné son avis. Ainsi la santé mondiale est devenue complice de ces pratiques. Le directeur de l'OMS devrait démissionner sur l'heure.

Salopards. Salopards. Salopards.

A l'opposé de la pitoyable dérive ségoléniste, je demande au nom de la médecine que je pratique, et des soignants dont je suis, pardon à ces frères humains et à l'humanité entière, que des soignants comme moi, mes frères, aient cautionné et autorisé votre souffrance, votre humiliation.

J'en chiale.

D'abord ne pas nuire et n'agir que dans le seul intérêt des humains.

Evidemment penseront certains, cela est exceptionnel, tu as raison, mais le risque est faible d'y participer. Il suffit de s'en tenir écarté. C'est tellement loin de notre pratique, de notre vie, de notre monde. Il ne s'agit que de quelques uns.

En êtes vous si sûrs ?

Ceux qui ont accepté de prescrire du Vioxx jusqu'en 2004, promu par les leaders d'opinions collaborateurs de l'industrie, sont ils dans une autre logique ? Le fait de ne pas savoir est il une circonstance atténuante ou agravante quand il s'agit d'un responsable professionnel de santé ? Les amputeurs de cancers qui n'en sont pas, de prostate ou du sein, et autres promoteurs de THS, sont ils dans une autre logique, quand ils bidouillent l'info pour s'y autoriser ?
Ceux qui prescrivent le lendemain d'un repas de labo trop arrosé la dernière glitazone de merde sont ils dans une autre logique ?
Celui qui vient de prescrire 6 antihypertenseurs différents à cette patiente de 89 ans, et qui dans sa lettre rajoute que ses chiffres justifieraient un traitement par statine, est-il dans une autre logique ?
Celui qui va participer aux futurs CAPI de la sécu, contrats d'amélioration des pratiques individuelles, va augmenter ses revenus en augmentant le dépistage du cancer du sein, alors que les bases scientifiques sur lesquelles repose ce dépistage sont loin d'être validées, et au contraire. S'agit-il vraiment d'une autre logique ?

Oh là !, mais c'est qu'il y va fort le Bezolles, assimiler les prescriptions et les soins sous influences à des pratiques de torture, il faut pas charrier quand même.

Evidemment, c'est moins visible, plus insidieux, plus dilué, moins choquant.

Mais je prétends que partout où un soignant agit pour d'autres intérêts que celui de l'intérêt de la personne humaine en face de lui, alors il se renie et se dévoie en prenant le risque de gravir le sentier qui mène aux pratiques de la CIA.

Ce n'est ensuite qu'une question d'étape et d'échelon, mais la route est ouverte.

dimanche 5 avril 2009

La prétention à l'éducation pour la santé


Bon d'accord, le CIANE (collectif interassociatif autour de la naissance) a rejeté la paternité de ce poisson d'avril. On ne peut pas se fâcher avec tout le monde.

Bon d'accord, l'INPES, Institut National de Prévention (et non pas de Prétention, comme l'ont insinué ces odieux plaisantins) et d'Education à la Santé, dont "on" a utilisé le logo de sa publication "Equilibres" en a fait un caca nerveux, et a demandé que soit retiré ce poisson d'avril immédiatement. Il faut pas déconner quoi, non mais quand même.

Mais n'empêche.

Il est quand même absolument excellent ce poisson.

Et avant que l'INPES me demande à mon tour de le retirer, le Julien Bezolles, dans un acte désespéré de résistance loufoque, comme l'aurait aimé le regretté Pierre Dac, soumet à votre contemplation amusée ce document transgressif, donc par définition apte à faire vraiment réfléchir.

En conclusion de ce texte, je pourrais dire que les patients éduqueront les soignants le jour où les zéducateurs sanitaires finiront de se prendre au sérieux. C'est pas demain.

Rappelons que le précédent directeur de l'INPES, Philippe LAMOUREUX, est devenu Directeur général du LEEM en septembre dernier. Ce pantouflage n'a évidemment aucun rapport avec le sujet de la prétention à l'éducation dont au sujet duquel je vous entretiens présentement, petits vicieux.

Le voili, le voilà ce poisson subversif. Inutile de rajouter du citron.
+++ Lettre de l'INPES, Equilibres N°48, 1er avril +++

+++ Journée nationale de l'éducation des professionnels de santé +++


L'INPES édite des documents destinés aux patients qui, dans leur vie, ont souvent affaire aux professionnels de santé. Comment leur parler ? Comment tenir compte de ce qu'il sont pour arriver à se faire soigner ? L'enjeu est de taille pour les patients qui, dans le contexte actuel, devront de toute façon consulter moins pour consulter mieux.
Décryptage.

Patients, les 7 commandements à retenir pour contribuer à l'éducation de votre professionnel de santé.


1. Dites bonjour à votre professionnel de santé et présentez-vous, lors d'une consultation aussi bien que lors d'une hospitalisation. Les soignants peuvent ressentir de la gêne, voire des traumatismes de degrés variés, lorsqu'ils se rendent compte qu'ils se trompent de personne dans des situations d'examen, de suivi ou d'intervention.

2. En contrepartie, exigez toujours du professionnel de santé qu'il se présente et dise bonjour, même dans le cadre d'une hospitalisation. Certains soignants le prennent mal. Soyez poli, mais ferme. Le maintien d'une courtoisie élémentaire est de votre responsabilité.

3. Informez toujours votre professionnel de santé des raisons de votre visite, des questions et demandes que vous souhaitez partager avec lui. Cela doit se faire dans une idée de dialogue : incitez-le, par des questions simples et bienveillantes, à reformuler ce qu'il comprend de la situation et à exprimer son ressenti. Il est essentiel que le professionnel de santé se sente écouté, informé et respecté.


4. Tout en préservant la liberté de pensée de votre médecin et en veillant à le faire participer à la décision, vous devez mettre une grande conviction à le convaincre que vous êtes la personne concernée en premier lieu par le choix du traitement, que vous avez la capacité de réfléchir et de prendre les décisions qui vous concernent à partir des informations qu'il partage avec vous. Il est recommandé d'obtenir une compréhension et l'adhésion du médecin par une information adaptée et transmise avec tact et humanité.


5. Votre professionnel de santé n'est pas tenu de rester au courant des dernières avancées en matière de diagnostic et de traitement. Il ne connaît pas forcément les recommandations des organismes nationaux tels que l'INPES, l'HAS, l'AFSSAPS, et a très rarement accès aux publications non francophones. Lorsqu'il vous propose une conduite thérapeutique ou des examens complémentaires, demandez-lui toujours s'il dispose de recommandations nationales ou internationales à ce sujet, et de quelle année elles datent. S'il ne connaît pas l'existence d'organismes susceptibles d'émettre des recommandations, changez de sujet. S'il vous répond que les experts qui rédigent les recommandations sont tous des vendus, approuvez par des grognements.

6. Précipitez-vous sur Internet pour vérifier si la conduite que votre professionnel de santé vous propose est cohérente avec les recommandations des organismes nationaux et internationaux. Si elle ne l'est pas, dites-vous que les experts de ces organismes sont tous des vendus. Imprimez néanmoins les résumés des recommandations et allez nuitamment les glisser sous les essuie-glaces du véhicule de fonction de votre professionnel de santé. Ne les envoyez surtout pas à son cabinet : il ne les lirait jamais.


7. Vous devez prêter attention aux signes de conduites addictives ou aux troubles obsessionnels compulsifs (TOC) de votre professionnel de santé. Un signe d'appel à connaître est la rédaction effrénée d'ordonnances, parfois sans rapport avec les attentes d'écoute et de compréhension que vous, patient, tentez d'exprimer.


Patients, l'accompagnement de vos professionnels de santé est une mission de santé publique qui fait partie de vos responsabilités. Prenez-la au sérieux !




PS : d'autres sites ou blogs relaient cette info :

-
Atoute.org : Le médecin, le malade et l’éducation thérapeutique
- Winckler's webzine : Soignez votre médecin : ça lui fera du bien (et à vous aussi)
- Un air neuf : INPES : La lettre de la prétention de l'Éducation pour la santé (canular)

mercredi 1 avril 2009

Je suis volontaire pour soigner les grévistes de la faim de la HAS


Les membres du Collège de la HAS s'apprêtent à se lancer dans une grève de la faim illimitée pour demander à la ministre de la santé les moyens de l'indépendance de la HAS. Désemparé, le Leem rappelle en urgence dans ses locaux la ministre pour "consultation".

Voilà l'incroyable nouvelle que le Formindep annonce ce premier avril.
Devant cette situation, le Formindep s'engage à fournir un suivi médical indépendant de l'industrie pharmaceutique aux futurs grévistes.

Par la présente, j'informe le Formindep que je suis volontaire pour assurer le suivi médical de Madame Rochaix et de Messieurs Degos, Bouvenot, Briet, Caniard, Guérin, et Dubernard, membres du Collège de la HAS.

Il manque dans cette énumération un membre : Claude Maffioli.

Concernant Monsieur Maffioli, il s'avère en effet qu'un suivi médical indépendant de l'industrie risquerait de provoquer chez lui une intolérance massive pouvant mettre sa vie en danger, compte tenu de ses antécédents. En cas d'urgence, je l'invite donc à se retourner vers ses collègues de la CSMF ou de n'importe quelle société savante de médecine générale (voir le post précédent) ou autre.

Si vous êtes généraliste libéré des firmes pharmaceutiques, et volontaire pour assurer le suivi de ces futurs grévistes, laissez-moi un message en commentaire ! Je ferai suivre.

Merci pour eux !