dimanche 6 avril 2014

Gardasil : Bernardo Gui, le retour

Un grand professeur de chirurgie se lâche.

S'appuyant sur sa maîtrise du sujet fondée par la lecture des dossiers de presse reçus de la Sainte Firme, il croit bon d'appeler à la condamnation publique des professionnels de santé signataires d'une pétition réclamant une commission d'enquête parlementaire sur la façon dont un vaccin est promu et commercialisé.

De quoi de quoi ? Un vaccin au prix exorbitant, dont on n'a à ce jour aucune preuve de l'efficacité de ce qu'il prétend prévenir, alors qu'il existe des outils efficaces de prévention qui risquent d'être marginalisés du fait de ce vaccin, pour un problème de santé publique plutôt restreint dans les pays riches, promu à marche forcée par la publicité, les autorités sanitaires et leurs experts, leaders d'opinion de l'industrie... Ça devrait interpeller quelqu'un ?... Ça pourrait concerner la représentation nationale ?... Non, bien sûr puisque, l'assure notre ponte, Big Pharma veille sur nous.

Et d'appeler à sanctionner ces insolents.

Et pourquoi pas après tout ?

Sanctionnons largement !... et proportionnellement aux dégâts commis. Chiche.

S'il faut poursuivre ceux qui s'interrogent sur l'influence des conflits d'intérêts dans la commercialisation d'un produit de santé inefficace à ce jour, et en appellent aux instruments de la démocratie pour y voir plus clair, quelle sanction faudrait-il alors prévoir pour des professionnels de santé qui auraient, par exemple, amputé de par le monde des centaines de milliers voire des millions d'organes, sur la base de dosages biologiques inutiles et néfastes à des personnes qui ne se plaignaient de rien, leur faisant croire qu'ils leur sauvaient la vie, à l'encontre de toutes les données scientifiques et épidémiologiques ?

L'écartèlement en place publique ?...  Mmmm...
A moins que... le "berceau de Judas" peut-être ?... (vidéo à partir de 8 mn 4 s)

Je m'interroge...  Un avis d'expert, Bernardo ?







Lettre ouverte à Danielle MESSAGER, journaliste santé de France-Inter

 Madame,


J’ai écouté avec intérêt ce samedi 5 avril 2014 votre chronique “carnet de santé” concernant la campagne “Ne lui tournez pas dos”. 

Comme vous ne pouvez l'ignorer, il s’agit d’une campagne de la firme pharmaceutique AbbVie, pour promouvoir son médicament Humira°, un nième anti TNF alpha qui a besoin d'élargir son marché en Europe.

Le Dr Laure GOSSEC, médecin rhumatologue à la Salpêtrière, s’est exprimée durant cette chronique. Elle a été recrutée par AbbVie pour cautionner cette campagne. Elle n'est pour elle qu'un "leader d'opinion", instrument efficace de propagande. Elle s’exprime dans le dossier de presse de lancement de cette campagne. Elle a manifestement été très bien briefée. Du soft. Mais au fond toujours le même discours de disease mongering : maladie sous diagnostiquée, insuffisamment traitée, etc.




Selon la législation en vigueur (article L 4113-13 du code de la santé publique), elle aurait dû déclarer avant de s’exprimer durant votre émission qu’elle était liée à AbbVie, en plus des avantages qu'elle reçoit de nombreuses autres firmes comme l'indique le site du sunshine de l'ordre des médecins. Elle ne l’a pas fait, au mépris de la loi et de la déontologie. Je crains que vous ne l’ayez pas incitée à le faire. Pas plus d’ailleurs que vous n’avez informé vos auditeurs qu’il s’agissait d’une campagne publicitaire pour le médicament de cette firme, déguisée sous une pseudo-campagne de santé publique. Il est vrai que la transparence de l'information n'est d'aucune importance dans le journalisme, en particulier de santé.


Tout cela serait horriblement banal, tellement France-Inter a habitué ses auditeurs à entendre relayer sans discernement la propagande de l’industrie pharmaceutique et de ses leaders d'opinions. Un exemple parmi beaucoup d'autres : . Je ne reviens pas sur l'affaire Martin Winckler...


Mais là où ça devient indécent, c’est qu’il s’agit de la firme AbbVie. 

AbbVie refuse délibérément l’accès aux données des effets indésirables, potentiellement graves, concernant l’Humira°, médicament promu par cette campagne que vous relayez.

http://wp.rxisk.org/jeanne-darc-et-rxisk-org-a-lance-une-petition/

http://wp.rxisk.org/rxisk-drug-safety-petition-asks-abbvie-and-intermune-to-stop-blocking-access-to-drug-clinical-trial-data/

AbbVie porte plainte contre l’Agence européenne du médicament, parce que cette firme considère que les données concernant les effets indésirables des médicaments relèvent du secret industriel (sic !). C'est Neil Parker, directeur juridique d'AbbVie, qui l'explique lors d'un colloque organisé par le syndicat européen de l'industrie pharmaceutique à Bruxelles en août 2013. Voir la vidéo, ou ici la retranscription en anglais.



Même des acteurs de l'industrie considèrent qu’AbbVie dépasse les bornes :
Avez-vous la notion que vous travaillez pour des soins de santé qui concernent des êtres humains ?”,  s'étrangle un participant.

Vous connaissiez cette information ? Si oui, pourquoi faire complaisamment écho à l'action de cette firme ? Si non, quel journalisme pratiquez-vous ?

A coté d’AbbVie, Servier est petit joueur en terme de cynisme industriel, Madame Messager.  Mais vous relayez sa propagande. Sur un media de service public. A quoi a servi l’affaire du Mediator° et ses victimes ?

Madame Messager, à votre tour vous dépassez les bornes. Dire que je suis outré par votre attitude est largement en deçà de la réalité.  Avez-vous la notion que vous travaillez pour des informations de santé qui concernent des êtres humains ?” Je trouve cette présente chronique honteuse pour le journalisme, scandaleuse pour la qualité de l’information, inacceptable pour la santé des personnes.

On comprend mieux que l'émission la Tête au Carré de France Inter consacrée aux conflits d'intérêts ait eu lieu un 1er avril. Triste poisson. Irène Frachon en était l'invitée. Ou l'involontaire caution ? Vous allez lui dire quoi la prochaine fois que vous la rencontrerez, Madame Messager ? De qui êtes-vous réellement le messager Madame  ?