mardi 27 avril 2010

Sirop d'Afssaps

J'ai reçu ça :

Hier.

Ça m'informe que je dois plus prescrire de mucolytiques et d'Hélicidine (bave d'escargot garanti de Bourgogne, recueillie le matin après la pluie, en pleine lune) aux chiards de moins de deux ans. Si.

Ça m'informe que la toux chez le gniard de moins de deux balais c'est du gnangnan, ça se soigne en se rinçant le tarin du dit morveux, et que c'est pas grave. Si.

C'est l'Afssaps qui le dit. Aux Prrrôôfessionnels de la santé. Si môssieu Charles !... Et en avril 2010 !... pas en 1950 !... pas en 80 !... en 2010 !... Putain !

Déjà ça commence à disjoncter sur les forums de médecins : de quoi ?... qu'est ce que ça veut dire ?... mais comment je vais le dire aux parents ?... les mucolytiques peut-être mais l'hélicidine quand même !... mais on nous l'avait pas dit !... mais encore des médicaments contre-indiqués !... mais quand est ce que ça va s'arrêter ?... Mais on est plus crédibles !...

Bien sûr que vous êtes plus crédibles, satanés empaffés ! Et depuis longtemps, y a juste que vous le découvrez maintenant, petit à petit. C'est l'Afssaps qui vous le dit bande de bœufs !!

Bientôt 20 ans que je me frite avec les parents qui débarquent tout neufs dans mon cabinet avec leur petit chéri qu'a le nez pris que ça l'empêche de respirer et qu'on lui a donné du mucomyst et que ça lui fait rien et que ce serait mieux avec l'hélicidine parce que c'est le médecin de la péhemmmmi qui lui a donné la dernière fois et que ça allait mieux avec.

Bientôt 20 ans que je dépense énergie temps moral à essayer de leur expliquer mais non, c'est pas grave, la toux ça vient du nez qui coule, qu'il faut lui rincer le nez aussi souvent que nous on se mouche quand on a la crève vous comprenez, qu'il faut le faire avant de manger parce que ça mobilise les sécrétions de manger et qu'il faut le faire avant de le coucher parce qu'il respirera mieux et que si vous mettez un peu d'eau sur votre putain de radiateur dans la putain de chambre que vous avez refaite pour y coucher votre putain de petit dieu alors il toussera moins surtout si vous lui levez la tête et que si vous en avez marre de l'entendre tousser votre trésor à sa mémère alors vous fermez la porte de votre putain de piaule vous mettez des boules quies dans vos putains d'esgourdes et vous vous endormez c'est pourtant pas difficile à comprendre bordel et non ça sert à rien toutes ces conneries qu'il vous donne le pédiâââtre, le médecins de péhemmmmi, le généraliste, le pharmacien que ça sert juste à enrichir celui qui le fabrique, celui qui le vend, que ça sert qu'à se débarrasser de vous plus vite pour vous faire croire qu'il vous soigne, à toucher ses 27 euros ou je sais pas combien, et que vous arrêterez de vous faire chier et moi aussi par la même occasion et puis voilà.

Près de 20 ans que je fais la sélection de ma clientèle là-dessus et faut pas s'étonner qu'il en reste si peu. On les voit dodeliner la tête les dabs du gnome l'air stupéfait hagard contrarié, mais vous croyez pas quand même que ce serait mieux avec un sirop, quand même on sait jamais, quand même vous croyez pas ?... Ah ! ça les contrarie bordel d'apprendre qu'ils ont peur pour rien, que les choses sont pas si compliquées, que tout compte fait c'est pas de la médecine tout ça, c'est rien que de la vie simple. Ah! ça les fait chier bordel de découvrir que quelque part ça servait à rien de médicaliser leur parentalité quelque part au niveau de leur vécu et putain ça fait deux trois quatre enfants qu'ils reproduisent les conneries que leur ont appris les médecins que leur ont appris les dieux labos et la sainte Afssaps. Ah ! ça fait chier.

Et puis la voilà l'Afssaps... Qui se réveille... qui découvre du haut de sa grandeur que la terre est ronde, et que c'est pas le soleil qui tourne autour. Qui se fend d'un courrier de DEUX PAGES ! EN 2010 ! pour apprendre à des médecins que la toux d'un nourrisson ça se soigne pas au médicament, pas au placébo, pas au labo ! foutrerie !!! et voilà ! maintenant c'est devenu vérité officielle ! Hop ! La pravdafssaps l'a dit ! Faites passer !... passe-passe !... Y a plus rien à voir. Circulez !

Mais où on est là !!!! Sur quelle planète !!!! C'est quand qu'on réalise ? qu'on découvre ? qu'on se réveille ? qu'on se révolte ? qu'on s'émeut ? qu'on s'émeute ?
C'est quoi ce système ce pays cette médecine où qu'il faut que ce soit l'autorité qui explique trente quarante cinquante ans après les avoir autorisé, à des mecs qui se vantent d'avoir bac plus neuf dix onze douze parce qu'ils le valent bien, que ça sert à rien tous comptes faits ces merdes que c'est que de la gnognote et encore heureux si c'est pas dangereux encore ? C'est quoi !!

Mais quand c'est qu'on va déciller sur ce délire ? Et tout le monde s'en fout. Personne en a rien à battre. Ça continue tranquille comme ça pépère. Priorité 23 euros. Spécialiste de médecine générale, tout ça... Et ça s'étonne qu'on les étripe sur les forums les médecins ? Les gens sont pas si cons, ils savent pas trop pourquoi peut-être mais y ont bien compris quand même les gens qu'on se fout de leur gueule !

Dans 6 mois, l'Afssaps va retirer peinard du marché les glitazones, on va vous expliquer que c'était pas bien de les avoir autorisé, prescrit, pris. C'est comme ça. Maintenant ça va plus.

Dans deux ans, on va vous dire que tout compte fait on vous a bien niqué avec le dépistage du cancer du sein plus grave et plus profond encore qu'avec la prostate. C'était comme ça avant bien sûr, mais maintenant c'est différent. C'est l'INCA, l'afssaps, la HAS qui le dira, sans vergogne, sans remords. Bien fait pour ta gueule, bien fait pour ta prostate, bien fait pour tes seins. C'était avant ça. Pour les connards qui le disaient avant, qu'on s'est bien appliqué à les faire taire, ça changera rien pas vrai Bernard ? 4 siècles pour réhabiliter Galilée. Combien pour les zautorités sanitaires ? Ca s'excuse pas des zautorités, sinon ç'en est plus des zautorités.

Vous l'avez vu le reportage sur TF1 vous maintenant que l'INCA se branle le moût parce que soi disant on guérirait maintenant la moitié des cancers ? Ces femmes qui font des associations humanitaires madame, parce que le cancérologue mondain, entre deux congrès, leur a fait croire qu'il leur a sauvé la vie en leur soignant un cancer qui probablement leur aurait foutu la paix si on leur avait foutu la paix à elles. J'en chialais presque en écoutant ça de l'escroquerie universelle qu'est devenue la médecine. Médecine à rendre malade, machine à terroriser, machine à contrôler, organisation de violence totale pour le profit et la cupidité.

Et on veut interdire les fessées ? Combien d'enfants maltraités par les mucolytiques et autres saloperies, leurs vendeurs prescripteurs fabricants autorisateurs ? Quelle pire violence que de créer de la peur maladie souffrance, pour vendre, par ignorance incompétence malhonnêteté gabegie ? C'est qui qui l'interdit ça ?

Qui c'est qui va me payer mes dommages intérêts ? Qui c'est qui va s'excuser du temps patients fric énergie perdus parce que j'ai voulu faire que mon putain de boulot ? Qui c'est hein ?

C'est l'Afssaps qui va s'excuser d'avoir dit et autorisé des conneries les avoir maintenu dans le commerce alors qu'elle savait ?
C'est les confrères -soeurs qui pendant 20 ans me font passer pour un con pas frère du tout parce qu'ils ont bâti un métier sur le mensonge des firmes ?
C'est les parents des petits princes sûrs d'eux et arrogants décalqués de leurs professeurs vus à la télé à 100 sacs la passe ?
C'est la revue Prescrire et autres torchonneries indépendantes du profit qui m'ont foutu enfoncé noyé dans la merde parce que j'y ai lu autres choses que des saloperies et que j'ai été trop con pour les croire ?
C'est moi qui, sacré foutu débile de petit con de merde, ai persisté à vouloir faire croire autre chose que des mensonges et avec la bonne conscience en plus ?
Ah ! j'étais bien con putain !

Franchement la pire calamité du médecin c'est ses neurones, et les salopards qui lui disent qu'il doit s'en servir. Le sabot à Carte Bleue voilà le seul vrai ami du toubib.

Franchement j'ai honte. Franchement. Franchement j'en ai plein l'cul. Franchement ras-le-bol.
Continuez si ça vous chante, mais pour moi basta ! J'ai assez donné. Salut.

jeudi 22 avril 2010

Sélectivité de l'indécence

Ou :
"C'est curieux chez les mandarins ce besoin de faire de la morale !..."
(Un superbe objet d'art à celui qui donnera la citation exacte, son auteur, et l'œuvre colossale d'où elle est tirée. Laissez un commentaire avec vos coordonnées en bas du texte.)



C'est bien pendant l'épidémie de grippe que le Professeur Gentilini nous a leitmotivé grave sur la pandémie de l'indécence non ?

Il avait pas tort le bougre !

Le flouze dépensé au nom de l'éthique roselynienne, permettre à chacun de recevoir son vaccin inefficace pour un virus sans danger, aurait pu être dépensé de façon plus morale. Pour sûr !

Pour les pauvres, leurs pays, leurs parasites, leurs maladies. Marc Gentilini est votre ami.

Mais une fois l'occasion passée, tout rentre dans l'ordre. La vie continue. Faire face à nouveau à ses obligations. Dure dure la vie mondaine.

Corvée sans doute... la remise au très éthique salon du Médec de l'Oscar de la Nutrition 2010 à la firme Coca-Cola France. Si.

Permettez le moment de recueillement. Minute de silence au deuil de la décence.

J'aimerais maîtriser cet art de s'indigner à bon escient. Indignation "vue à la télé", certifiée "colère de l'année". Puis, d'un revers de main du lendemain, sans nausée oublier, décerner lors d'un congrès "médical" un prix de nutrition à un soda. Pour boire sa honte une bonne goulée de Coca rien de mieux.

Crèves-la-faim et obèses de tous pays main dans la main... ¡ Arriba Coca !... Agréé par la Faculté !

"un niveau de qualité irréprochable"

lundi 12 avril 2010

merdecine générale

9 h 20 :
- je vous appelle parce que ça fait deux jours que j'ai très très mal au ventre et je voudrais savoir si vous pourriez me prendre rapidement... ce matin.
- 11 H 15 ?
- ah, ça fait un petit peu tard, parce que je dois sortir... Bon, ben d'accord.

dimanche 11 avril 2010

le Formindep au Sénat



Il était dans ses petits souliers le président du Formindep ! ça impressionne les ors de la république !... Et puis ils l'ont pas raté les sénateurs, ceux du moins qu'avaient pris la peine de se déplacer. Faut pas pousser quand même, y a plus sérieux ! Service minimum !...

Questions vachardes, sourire en coin, histoire de régler son compte à un dangereux subversif. Facile !... Et il cause dans l'Huma en plus !... Salopard !... Bolchévique !... Stalinien !...
Son couteau entre les dents il avait dû le laisser au portique à l'entrée. Ils en ont profité tiens...

Un "léger" décalage entre ce qu'ils lui font dire et ce qu'il a réellement déclaré dans l'Huma ? Croyez donc ! Bien fait pour sa gueule oui ! Il se croit où là ? Bienvenue au sénat ! C'est feutré et propre sur soi, mais c'est rien que de la politique derrière. Prière d'apporter sa vaseline.

Mais y a le reste !... les faits, les preuves ! Les VRP de l'industrie, tout ça déguisé en experts, la DGS qui se fout du monde, l'Afssaps itou... le Tamiflu... Ah ! le Tamiflu !..

On s'dit qu'on l'a échappé belle hein ?... Carrément !

Imaginez que tous les toubibs auraient obéi façon larbin. Où on en serait ! Comment ?... Vous dites que c'est c'qu'ils sont déjà ?... Des larbins ?... Vous exagérez non ?... Ooooh !... Ooooh !... Où on va là ?
Y en a qui résistent encore. Plus beaucoup. J'en suis. Pour être respecté soyons respectables ! Difficile à comprendre pas vrai ? Vivent les 23 euros !

Même la réalité en face ça s'écrase pas facilement un politique. C'est même à ça qu'on les reconnaît.

Tous les documents sont là, vidéo compris : L'audition du Formindep au Sénat
Faites-vous une idée par vous même ! comme disent les visiteurs médicaux.

samedi 3 avril 2010

Paix d'aux fils mon fils


Quand j'étais enfant j'étais mignon. De chœur encore plus. Je me souviens de la "carte de jeune clerc". J'en avais une. Officielle. La photo d'identité. L'imperméable ciré noir. Les gros boutons argentés avec l'ancre de marine dessus. Les cheveux bien ras bien peignés. Le sourire qu'il fallait faire façon angelot, pas trop. Les grands yeux. Les longs cils. J'étais mignon... C'est dommage. Il faudrait que je la retrouve cette carte. Vous verriez. J'étais mignon. Vraiment.

Et puis bien élevé avec ça. Dressé. J'avais appris à dire "merci madame", "merci monsieur". J'adaptais : madame pour les dames, monsieur pour les monsieurs. "Excusez moi de vous déranger" je rajoutais même quand c'était le téléphone, quand il marchait. Les années 60. Ca plaisait aux grandes personnes. Plus elles étaient vieilles plus ça leur plaisait. "Et comme il est bien élevé en plus !" Tout pour plaire.

Lorsqu'à la fin de la messe l'Abbé Villette me prenait dans les plis de son aube, me serrait contre sa bedaine, grosse, molle, accueillante, j'en ressentais une sorte de fierté. Celle du chouchou au chaud. Moi et pas les autres. C'était tiède, épais, c'était affectueux. Mes parents étaient contents. Ça flatte. C'est comme ça les bourgeois. Les autres aussi ? Ah bon...

Le jeudi, à l'époque c'était encore le jeudi, je faisais du zèle. Après la fin de la séance de catéchisme, avec la dame caté gentille qui ne connaissait de l'évangile que ce que le fascicule Pierres Vivantes la chargeait de nous répéter, je restais seul, dans la cour du patronage, à attendre la messe du soir, que je servais.

Ça durait bien deux heures d'attendre. Peut-être plus. C'était long mais j'aimais ça. J'attendais à regarder les feuilles d'arbres coincées sous la grille qui faisait le tour du tronc. Y avait des fourmis qui couraient, grimpaient sur les feuilles tombées au travers, passaient dessous, sous la grille. C'était drôle. Intéressant surtout, pas si drôle en fait. Contemplation.
Shooter dans les graviers aussi, pour voir jusqu'où ils allaient, sur le goudron. Retaper dedans, toujours plus loin. Et puis je changeais de gravier. Si des fois il allait plus loin. Expérience.
Y avait aussi le mur, celui de la rue. Les trous entre les pierres, les bouts de mousse, je suivais le chemin, avec le doigt. Voyage.
Quel royaume ! Des fois un autre était là aussi pour la messe. Alors fallait parler, partager, fréquenter. Pff !... S'il avait un ballon, on tapait dedans. Ça occupait.

L'abbé Villette il avait des goûts pour la sculpture. Sans doute pas des talents, ça se serait su, mais au moins des goûts, c'est déjà ça. Un après-midi, entre le caté et la messe il m'avait pris dans son bureau. Il lui fallait un modèle. Il m'avait demandé. J'avais pas dit non bien sûr. D'abord c'était pas possible vu qu'il y avait que moi. Et puis le chouchou, quoi. Ca s'entretient le chouchoutanat. Ça se cultive, ça se bâtit, ça se pétrit. Je faisais plaisir au père. J'aurais ça à raconter le soir.

J'avais monté les marches dans la cour, à sa suite, important, missionné, rentré dans le bureau. Assis là sur la chaise. Il sculptait un Jésus sur la croix le Père Villette. Oh pas un atelier, pas du matériel. Juste un bout de bois et un couteau, son canif peut-être.
Il avait du mal avec les pieds l'abbé. Si, si, les deux pieds superposés sur la croix, retenus par le clou. Vous voyez bien. C'est pas si facile... Alors il m'avait demandé. De poser les deux pieds comme ça, l'un sur l'autre. Je me souviens plus s'il m'avait demandé d'enlever les chaussures. J'ai l'impression que non. Alors c'est que ça devait être en été. Seulement des sandales. Ça devait être ça. J'étais resté un bout de temps, un pied posé sur l'autre, pendant que l'abbé sculptait. Les copeaux sautaient, tombaient. Il fallait pas bouger. Ça avait dû marcher. Quelque part maintenant il y a un Jésus avec mes pieds, plus ou moins. J'vous dirais pas où.

Et puis ça avait été l'heure de la messe. J'enfilais l'aube. C'était fini les surplis. Vatican deux était passé. Fallait arrêter ces conneries. Place au progrès ! Dans la sacristie il m'aidait l'abbé. On n'est jamais trop aidé pour enfiler une aube. La corde autour du ventre. Serrée pas trop. La capuche ajustée. Voilà. On y allait.
Il me regardait au moment où il fallait chercher les burettes l'abbé, puis pour faire sonner la cloche. Je savais jamais le moment. C'est normal à 7 ans. Y avait coché "thuriféraire" sur la carte pas acolyte. L'"acolyte" c'était pour après, les au moins 10 ans ou plus. L'acolyte lui il connaissait le moment où il fallait apporter les burettes et sonner la cloche. L'abbé il avait pas besoin de le regarder l'acolyte, seulement le thuriféraire. C'est normal. J'ai jamais été acolyte, seulement thuriféraire. Une carrière gâchée.

Voilà. C'était mon souvenir de pédophilie ecclésiale. De l'authentique. Imprimatur, nihil obstat, imprimi potest et cætera. C'est pour fêter Pâques que je raconte ça. Il y a prescription. C'était son vrai nom l'abbé Villette. Pas de quoi fouetter un diacre hein ! Vous en attendiez plus hein ? Lubriques ! Je m'en doutais. Bien fait pour vous.

C'est bien plus tard que j'en ai été dégoûté de la religion. Y pas eu besoin de fréquenter les pédophiles pour ça, il a suffi qu'ils se disent chrétiens seulement et puis de les voir faire. Assez pour vous débecqueter, total, pour l'éternité, même s'il m'a fallu du temps pour réaliser. A cause de la tendresse au départ peut-être. Je l'avoue.