vendredi 27 novembre 2009

Vaccins : le nouvel âge d'or des labos

Vous avez entendu parler du 11ème Congrès Mondial du Vaccin ?

Non ?

Pourtant il a bien eu lieu, et pas plus tard qu'au mois d'octobre 2009, et pas si loin de nous puisqu'il s'est déroulé à Lyon. En présence du gratin de la vaccinologie mondiale, si on en croit le programme.

Mais il faut s'accrocher pour trouver l'information même sur Internet et sur Google. Quelques pages en anglais, et le congrès de l'année 2009 semble étrangement passé sous silence alors que ceux des années précédentes sont plus présents.

D'ailleurs à peine achevé celui de 2009 dont on ne retrouve aucune trace réelle, le programme du congrès de 2010 s'affiche par l'organisateur : "80 conférenciers du plus haut niveau et des ministres" proclame l'invitation. Le congrès de 2009 a-t-il atteint le même niveau d'expertise ? Notre ministre de la santé et des sports y était elle présente ? On ne sait pas. En tout cas, inscrivez vous vite pour 2010, ça promet d'être chaud.

Pourquoi autant de discrétion sur l'existence de ce congrès, alors qu'en pleine pandémie dramatique de grippe A, l'industrie et le gouvernement réunis sont en train de nous protéger par ces vaccins salvifiques.

C'est peut-être dans le numéro de novembre 2009 de la revue Pharmaceutiques qu'il faut trouver des éléments pour répondre. La revue Pharmaceutiques, "l'information de référence du secteur Pharmaceutiques", annonce-t-elle sur son site. C'est en effet la publication mensuelle, chère, sur papier glacée, des cadres et dirigeants de l'industrie pharmaceutique.

Or dans le numéro de novembre de Pharmaceutiques, à la page 82, on lit avec intérêt un compte-rendu absolument enthousiaste de ce congrès mondial, qui s'enflamme pour le développement du marché du vaccin dans le monde. Intitulé : "Vaccins : vers un nouvel âge d'or", on y lit que "l'engouement actuel pour les vaccins et un optimisme partagé ont animé le 11ème congrès mondial du vaccin". "Très, très optimiste ! L'ensemble des participants (...) a partagé l'enthousiasme du vice président corporate development de Sanofi-Pasteur." Et dans l'encadré : "La grippe, le cancer et les allergies sont citées (sic) dans cet ordre comme étant les catgéories de vaccin dont le potentiel de croissance est le plus prometteur."

Un véritable orgasme vaccinatoire et industriel...


Mais c'est pas tout !

Vous y étiez, vous, à la soirée HEC santé du 22 septembre dernier ?
Moi, non plus. Et c'est dommage, car si on en croit le programme et le gratin invité, ça devait être foutrement intéressant dans le contexte actuel : "les vaccins : relais de croissance pour l'industrie pharmaceutique ?", c'était le titre.

Mais voilà c'est réservé à pas tout le monde, la soirée HEC santé. Seulement aux anciens élèves d'HEC, versés dans le monde de la santé, ou plutôt dans le monde du commerce de la santé.

C'est eux qui ont droit à la pensée de Claude Le Pen et autres éminentologues pharmacoéconomiques.

Mais dans le contexte actuel des firmes pharmaceutiques, qui ne découvrent plus rien de pertinent pour la santé des populations depuis une vingtaine d'années, qui vont voir, pour certaines d'entre elles (toujours selon la revue Pharmaceutiques), près de la moitié de leur panier de molécules passer dans le domaine public en 2012, la perspective vaccinale représente pour elles une sacrée bouffée d'oxygène, apparemment. La bulle de survie.

On ne saura pas si, lors de ces éminentes réunions, la communication gouvernementale et des leaders d'opinions pour écouler 94 millions de dose de vaccins mal évalués pour une maladie sans gravité, a été évoquée. On espère juste que ces colloques ne sont pas les lieux de rédaction des communiqués et articles de presse de Roselyne et de ses flu-boys, Flahault, Delfraissy, Floret, Lina et autres leaders d'opinions dont les liens d'intérêts avec les firmes doivent être révélés au forceps, alors que l'obligation légale s'impose pourtant.

Y a ceux qui nous piquent, et ceux qui nous niquent. Pique-nique. Le problème pour notre santé, c'est qu'on dirait bien que c'est les mêmes. On se demande.

Signé : Julien Bezolles, médecin non membre d'une secte anti-vaccinaliste, contrairement à ce que profère Hélène Cardin, journaliste santé de France Inter apparemment sans aucun lien d'intérêt avec une information indépendante.