mardi 28 octobre 2008

La Voix de son Maître



Libre création inspirée ce matin par les propos sur un forum Internet d'un généraliste syndicaliste, responsable de formation médicale, vacataire à temps perdu de l'industrie pharmaceutique, qui se la joue leader d'opinion.

samedi 25 octobre 2008

DICTIONNAIRE MÉDICAL BÊTE ET MÉCHANT (comme son nom l'indique)

DEUXIEME PARTIE

Accéder à la première partie.



AFFECTION DE LONGUE DUREE (ALD) :

Une affection durable qui laisse de marbre

Maladie qui garantit le malade qui en est atteint et le généraliste qui tente de le soigner d'une affection durable de la part de la sécurité sociale. Cette affection sécuritaire et néanmoins sociale s’exprime sous les formes variées et non moins attentionnées de contrats, engagements, contrôles inopinés et tâtillons, recommandations variables selon la tendance du marché, entretiens confraternels, paperasses, menaces , etc..
Souffrir d'une ALD est une mauvaise nouvelle très souvent mal supportée.

ALZHEIMER (Aloïs) :
Médecin allemand (1864- 1915) inventeur à ses heures perdues du cerf-volant. Par extension et déformation, nom donné à une maladie qui provoque un ralentissement cérébral.

ANTIGENE :
Pratique hédoniste mise au point par les épicuriens qui pensaient que "là où il y a du gène y a pas de plaisir". L'utilisation d'antigène permettait de faire repartir des relations humaines refroidies. Plus tard les travaux d'Axel Kahn ont montré que si le gène n'était pas source de plaisir, il pouvait par contre être source de reconnaissance humaine et matérielle.

BETA BLOQUANT :
Personne stupide provoquant un état de sidération chez son interlocuteur.

BETA BLOQUE :
Personne dont la stupidité entraîne chez elle un état d’inhibition interne à l'origine de ralentissement du transit : "Il est con c'type, eh ! Il serait pas bêta bloqué ?"

CHOLEDOQUES :
Employé au pluriel, organismes de formation médicale continue auxquels un malade souhaite renvoyer son médecin quand il le soupçonne de l'avoir mal soigné : « Retourne à l’école, eh, doc ! »

CIRRHOSE :
1 - Réponse à la question de chimie organique du concours de première année de médecine : «Combien y a-t-il de roses dans un sac à roses ? »
2 – Selon le grand professeur Marcel Gotlib (R.A.B. tome 5) : machine servant à cirer les planchers. La meilleure marque étant la cireuse Dufoy.

La fameuse cireuse Dufoy


CLINIQUE (ta mère) :
Activité du médecin au lit d'un malade.
Variante : Clinique privée : activité tarifée du médecin au lit d'un malade.

COCKROFT (formule de) :

Méthode de masturbation masculine associant le port d’un cockring et la contemplation d’une image de Lara Croft. Chez les personnes très âgées ou obèses, l’utilisation de la formule de Cock-Croft peut entraîner des résultats inattendus (éjaculation rétrograde).

COL :
Se frotte s'il est de l’utérus , se casse s'il est du fémur , se remplit s'il est à puce cardio-vasculaire, comble des rides s'il est à gène, se grimpe avec de l'EPO (voir ce terme) s'il est du Lautaret.

COMPLIANT :
Se dit d'un malade qui se soumet sans discuter aux prescriptions du médecin. Peut s'écrire en deux mots. Termes équivalents mais moins suggestifs : malade observant, malade éduqué à une bonne gestion de sa maladie, etc.
syn : bon malade (pour le médecin, la sécu, les firmes pharmaceutiques).
Parallèle historique : "Un bon indien est un indien mort" (improprement attribuée au Général Custer)

CONDRY (Victor Maximilien Antoine-Marie de Chatonnay, duc de) :
(1794-1858) Célèbre romantique affabulateur français du 19ème siècle. Victor de Condry, de son vrai nom Marcel Chombier, était cité par Charcot lors de ses célèbres conférences à la Salpêtrière comme l’exemple même de la mythomanie : « Il était mytho Condry », expliquait-il. Ce à quoi Freud, qui était présent, rajoutait facétieux : «Il ne manquait pas d’air !». Ces échanges de haut niveau scientifique sont restés pour désigner des organites prétentieux responsables de la respiration cellulaire qui se prennent parfois pour le noyau de la cellule.

COW-BOY (enculation de) :

Méthode diagnostique douloureuse, couramment usitée jusque dans les années 60 pour le diagnostic de la tuberculose. Examen encore pratiqué pour certaines maladies rares ou dont le diagnostic est incertain.
On encule beaucoup moins de cow-boys qu’avant, du fait du développement de tests sanguins plus efficaces, de l’épidémie de sida, et de la raréfaction des sujets volontaires.
Que ceux qui ont compris le jeu de mots m'écrivent, ils recevront toutes mes félicitations.

CMU : Couverture Maladie Universelle :
Tous les hivers le Samu social offre aux personnes à la rue une Couverture de survie. De la même façon la Couverture Maladie Universelle permet aux malades qui la reçoivent de rester plus au chaud dans la merde.
Pour certains médecins, généralement en secteur 2, acronyme leur permettant de trier dès le premier contact les vrais malades qui relèvent du rendez-vous dans leur cabinet feutré, des simulateurs qui sont à adresser directement aux urgences hospitalières de l’abominable Pelloux ou à renvoyer au cabinet nauséabond du pitoyable Bezolles d’où ils n’auraient jamais dû sortir. Lire également sur ce blog le post : "Ca commence par les pauvres".

DECHET MEDICAL :
1 – Produit de l’activité médicale nécessitant une élimination spécifique.
2 – Pour un confrère (voir ce terme) élu d'un ordre départemental des médecins (voir ce terme) à l’issue d’une soirée arrosée de labo : tout patient bénéficiaire de la CMU (voir ce terme) – hélas authentique.

DIEU :
Entité surnaturelle ne se prenant pas pour un médecin (voir ce terme).

DIVA MEDICALE :
Médecin des medias.

DIVAN MEDICAL :
Support d’examen clinique (voir ce terme).

DIVERS MEDICAL :
Médecin généraliste (voir ce terme).

DROME :
Ermite ayant vécu au 5ème siècle près de Valence sur les bords du Rhône qui était consulté par les malades pour la justesse de son diagnostic. Canonisé au 14ème siècle, saint Drôme est couramment invoqué par les médecins pour décrire les signes des maladies.

EMETIQUE :

Classique demande de fin de consultation de la part d’un patient qui vient de passer un week-end dans les forêts du Tyrol et qui a vu sur Internet un article sur la maladie de Lyme.

EPO :
Carburant sportif.

ERYSIPELE :

Au Moyen Age, certains hérétiques se mortifiaient sévèrement avec le silice (photo), ce qui avait pour effet d’irriter fortement leur peau. Ils pensaient ainsi arriver directement au paradis sans passer par le purgatoire. Lorsque deux hérétiques se rencontraient, ils se saluaient en exhibant leur peau irritée et désquamée par le port du silice, et en disant : «Frère, l’hérésie paye ! », ce à quoi l’autre répondait parfois avec humour : « Frère, l’hérésie pèle, surtout ! ». Ce qui explique de nos jours l‘orthographe incertaine de ce mot.

GENERALISTE (MEDECIN) :
Professionnel de santé, équivalent de la femme dans une entreprise.
Fait le sale boulot, n'arrive jamais aux postes de décision, est toujours moins bien payée à travail égal, le patron lui fait croire tous les ans qu'elle va être revalorisée et que son travail est indispensable à la réussite de l'entreprise, subit le harcèlement du DRH qui lui promet une augmentation si elle continue à se faire baiser en faisant croire qu'elle aime ça. Son syndicat à qui elle se plaint, lui dit que tout ça c'est des histoires de bonne femme, qu'elle n'a pas de preuve, et qu'il y a des choses plus importantes à s'occuper (par exemple gérer le comité d'entreprise et ses œuvres).

GENERALISTE ENSEIGNANT :

Médecin généraliste (voir ce mot) équivalent universitaire de la victime de violences conjugales.
Maltraité depuis le premier jour de sa présence par son seigneur et maître hospitalier, croit toujours ses promesses qu'il va changer et que tout va s’arranger, est chaque fois humilié davantage, et n’ose pas le quitter à cause des enfants qu'il a pourtant fait avec d'autres.

GLEACKEY :
Branche cadette de la famille irlandaise des O’Globeen (voir ce nom) qui aurait essaimé en Amérique du Nord au 18ème siècle et se serait spécialisée dans la fabrication de confiseries.
Jaime (prononcer à l’anglaise et non à l’espagnole) O’Globeen-Gleackey serait l’inventeur d’une méthode de titration du sucre dans les bonbons qui porte encore son nom. Le dosage de Jaime O’Globeen-Gleackey a été adapté par la suite à la surveillance des diabétiques.

HAUT-GINAUD (Château) :
Premier grand cul déclassé, élaboré selon une méthode originale de vendange, reposant sur une observation précise de la lune et de ses variations. La méthode Haut-Ginaud, maintenant dépassée, a fait l’objet de débats passionnés lors de repas de labos arrosés du même picrate.

HIPPOCRATE de COS :

Médecin nationaliste et raciste de l'antiquité grecque, ayant refusé de soigner le roi perse Artaxerxès sous le prétexte qu’il n’était pas grec, malgré les supplications et les cadeaux somptueux apportés par ses émissaires.
La déontologie médicale ayant heureusement évolué, les médecins modernes, après avoir prêté son serment (voir ce terme), acceptent maintenant les cadeaux mais continuent encore pour certains à refuser de soigner les étrangers.

HIPPOCRATE (serment d’) :
Formule magique prononcée par le nouveau médecin devant ses pairs lui conférant la Grâce médicale. On peut voir parfois au moment de la prestation du serment la Grâce descendre sur jeune impétrant sous la forme d'une accorte Vestale Médicale (alias VM).
Par le serment d’Hippocrate, le médecin accède au statut de demi-dieu, possède définitivement tout connaissance médicale, se trouve totalement protégé de toute tentation, influence ou corruption, acquiert la capacité de se dévouer corps et âme à ses malades, dans le plus pur altruisme débridé.
Un tel sens du sacrifice ne peut trouver sa récompense à travers les viles bassesses de la reconnaissance pécunière, certes non mon dieu quelle horreur, mais simplement à travers l'hommage ému que lui rendent les humains confits de reconnaissance après avoir été sauvés, à travers les très justement nommés honoraires.

HOMEOPATHIE :

A l’époque coloniale, les instituteurs d’Afrique Occidentale Française étaient en charge d’inculquer aux petits africains les fondements bienfaisants de la civilisation française et occidentale. C’est ainsi qu’au fin fond de l'ex-Dahomey, les enfants apprenaient que leurs ancêtres étaient les Gaulois.
Un soir, sous l’arbre à palabres, les enfants du village de Tokombéré s’amusaient à rejouer devant les anciens du village, les enseignements reçus l’après-midi de leur instituteur, Monsieur Charolas. Ce jour là, il leur avait raconté l'histoire mythique de Roméo et Juliette.
Au moment de la scène cruciale où Juliette s’effondre en pleurs tandis que Roméo s’éloigne pour aller rejoindre Mélisande qui l'attend au Mac Donald's, les enfants s’écriaient alors à l'unisson : « ‘Oméo pa’ti ! ‘Oméo pa’ti !» Et toute l'assistance éclatait de rire.
Le hasard fit qu'était présent ce soir là un certain Samuel Hahnemann, médecin allemand, qui parcourait l’Afrique à la recherche de techniques de médecine traditionnelle africaine, pour élargir son arsenal thérapeutique et avoir des raisons de pratiquer à son retour en Europe des dépassements d’honoraires avec tact et mesure.
Il fut ému par cette soirée simple passée sous les baobabs en fleurs et, chaque fois qu’il se repassait la video dans sa chambre d’hôtel, il ressentait comme un ineffable bien-être. De retour dans son pays, il mis au point une technique de relaxation à qui il donnera le nom d’oméopati en souvenir de cette paisible soirée africaine. Par la suite, certains de ses disciples, cuistres prétentieux, donneront une allure pseudo-scientifique à ce nom en lui rajoutant des h un peu partout, et en transformant cette méthode en une pratique charlatanesque propre à enrichir ceux qui en profitent.

HOSANNAH ! :
Avant la découverte des premiers antituberculeux, cri de satisfaction que poussaient les pneumo-phtysiologues lors du diagnostic d'une tuberculose chez un malade. Les tuberculeux étaient alors envoyés au sana.

HUS (Anne et Prolapse) :
Célèbre couple d'amoureux du Moyen-Age réputé avoir eu une activité sexuelle considérée à l’époque « contre nature », condamnés pour cette raison au supplice du pal en 1427 par la Sainte Inculation. Selon la légende, seule Anne aurait été suppliciée, Prolapse Hus ayant réussi à s’extérioriser au dernier moment dans des circonstances restées mystérieuses.

LIPOSUCCION :
Fellation pratiquée sur un hippopotame. L'animal se laisse d'autant plus faire qu'on lui fait croire que ça va lui faire perdre du poids. En réalité, engraisse surtout l'auteur de l'acte (voir : médecine esthétique).

Scène champêtre de l'hippo succion


MALADE :
Pour les médecins : support plaintif et pénible de pourtant si belles maladies. Syn. : ingrat.
Pour la sécu et ceux qui nous gouvernent : assujetti irresponsable.
Pour l'industrie pharmaceutique : marché.

MEDECIN :
Entité naturelle se prenant pour un dieu (voir ce terme).


Visite médicale dans un CHU (le malade est à gauche, le chef de service à droite entouré de son petit personnel)

MEGALOMANE :
Agamateur de mugasique. Syn.: professeur de CHU

MEMBRE FANTOME (syndrome du) :
Pratique de bizutage heureusement révolue qui consistait à recouvrir la verge d’un carabin d’un linge blanc tout en lui introduisant dans l'anus un objet contendant. Sous l’effet de la douleur l’étudiant s’écriait : « Hou ! hou ! », ce qui laissait croire qu’il s’agissait d’un membre fantôme.
Depuis la loi 98-468 du 17 juin 1998, le bizutage est un délit pouvant entraîner jusqu’à 1 an d’emprisonnement et 15000 euros d’amende, auquel je rajoute tout le mépris dont je suis capable vis-à-vis des connards qui le pratiquent, des profs et des responsables éducatifs qui le tolèrent voire l’encouragent, des bizuts qui le reproduisent.
Sur la longue route de la négation de l’humanité qui mène aux exterminations massives, le bizutage n'est pas la plus petite étape.
http://contrelebizutage.free.fr/
http://www.sos-bizutage.com/

OBESE :
Question vulgaire posée par un chirurgien mal dégrossi à une visiteuse médicale un peu ronde à l’issue d’une soirée de labo bien arrosée sur les techniques de gastroplastie, en la raccompagnant chez elle pour un dernier verre : « Alors, obèse ? »

O’GLOBEEN :

Famille irlandaise ayant émigré dans les Carparthes lors des persécutions anglaises du 17ème siècle. Les O’Globeen ayant fait souche, une descendante de cette famille aurait été la maîtresse d'un certain Comte Dracula qui la poursuivait de son assiduité dans les couloirs lugubres de son château en lui disant : « Je t’aime O’Globeen ! ». Cette histoire d’amour semble s’être terminée dans le sang. Voir également : Gleackey.

PANCRACE :
Epreuve de lutte pratiquée durant les jeux olympiques de l’antiquité par des diabétiques. Le vainqueur du pancrace recevait l'organe du même nom prélevé sur des esclaves spartiates spécialement élevés à cette fin.
Le diabétique vainqueur de l'épreuve à qui était attribué le pancrace de l'ilote devait le dévorer frais et voyait inexplicablement sa vie prolongée jusqu'aux prochaines olympiades. Ce miracle était attribué au dieu Languêros, adjoint d'Æsklapios pour les pathologies métaboliques (voir ce terme), dont les prêtres ne manquaient pas de se sucrer au passage.
Les ilotes élevés pour leur pancrace étaient consacrés à ce dieu et appelés : "ilotes de Languêros".

Lutte entre diabétiques pour l'obtention du pancréas de l'ilote. Dans le cadre du rationnement des soins, cette lutte pourrait revenir en usage entre assurés sociaux. A gauche et à droite les deux arbitres : Sekusocialos et Bigpharmos.

PENICENTIERE (Médecine) :
Pratique de l’émasculation à urêtre conservé (voir ce mot).

PMI : Protection Maternelle et Infantile :
A l'origine, service hygiéniste d’éducation des pauvres. Actuellement police sanitaire en charge du darwinisme social (cf. loi du 5 mars 2007).
Accessoirement activité occupationnelle pour médecins conjointes de médecins libéraux leur permettant :
- de placer les enfants des pauvres et d'expliquer à leurs amies du Cercle à quels point leurs parents sont des fainéants, boivent, fument, vivent de l'assistance, ont de grosses télés, etc.
- d’aller chercher leur enfant à 16 heures en quatre-quatre (voir ce mot) à la sortie de l’Institut des Sœurs du Saint-Prépuce, une fois la journée terminée.
- d'avoir un revenu d'appoint, pour ne pas dépendre que de leur mari, tout de même quoi.

PORTEFEUILLE :
Organe vital dont les connaissances sur l'anatomie, la physiologie, les maladies et leurs traitements sont également maîtrisées par tous les spécialistes (voir ce terme) d'organe.

PRESCRIRE (La revue) : (Complément à la définition précédente)
Soucieuse de mettre à la disposition de ses abonnés, afin de faciliter leur exercice quotidien, les dernières avancées en matière de technologies de l'information, les numéros de la revue Prescrire sont maintenant disponibles sous deux supports :
- marbre gravé pour le cabinet médical, afin d’avoir à sa disposition des données solides.
- parchemin huilé, pour les visites à domicile.
La version typographiée sur papier est prévue pour 2025.
La version électronique pour le troisième millénaire.

La revue Prescrire - édition originale


QUATRE-QUATRE :

Avatar automobile de l’hémorroïde puisque selon la rumeur tous les trous du cul finissent par en avoir. Un simple examen clinique (voir ce mot) permet assez aisément de les différencier, le porteur de quatre-quatre ayant davantage tendance à l’extérioriser voire à l’exhiber que la banale hémorroïde.

Hémorroïde extériorisée


ROHIDES (Archipel des) :
Ensemble d’îles de l’océan Pacifique, situées entre les atolls de Bourra-Bourra et de Mono-Nikeki. C’est dans cet archipel que se déroule «l’Ile de la Tentation », émission bien connue de téléréalité. Pour inciter des trous du cul à y participer, les producteurs leur font croire que le séjour dans ces îles favorise les relations sexuelles car, selon eux, on s'aime aux Rohides.

Casting de l'Ile de la tentation, un candidat peaufine son book


SDF (sans définition fixe) :
Caractérise une maladie ou un syndrome variable selon l'état du marché du médicament .
Exemples : le syndrome métabolique, le diabète, l’hypertension artérielle, la dysfonction érectile, le trouble bipolaire (voir ce terme), le trouble anxieux généralisé, le syndrome des jambes sans repos, etc.
La maladie SDF s’inscrit dans la grande famille du disease-mongering, alias façonnage des maladies, alias Knock Syndrome (définitions à venir).

SPECIALISTE :
Médecin soignant les maladies d’un organe ou d’une fonction du corps humain. Par exemple, le cœur est soigné par le cardiologue, les nerfs par le neurologue, les rhumes par le rhumatologue, l’estomac par le stomatologue, les intestins par l’interniste, les radios et autres appareils électroménagers par le radiologue, les bobos du 16ème par le bobologue, etc.
Les visiteuses médicales (voir ce nom) et le portefeuille (voir ce nom) sont pris en charge par l’ensemble des spécialistes, sans différenciation.

TRAVAIL (médecin du) :
En Corse, spécialiste de cette maladie.

TROUBLE BIPOLAIRE :
Nom commercial de l’ancienne psychose maniaco-dépressive.
Pour l’industrie pharmaceutique et ses psychiatres dealers d’opinion (voir ce terme) le terme de psychose est trop chargé négativement pour être porteur en terme de marché, et celui de maladie trop réducteur.
Le « trouble », lui, peut atteindre l’ensemble des humains et s’appliquer aux situations courantes de la vie quotidienne. Qui ne se sent en effet troublé ou ne ressent alternativement tristesse et gaieté au cours d'une même journée ? Ainsi le trouble bipolaire est progressivement étendu aux colériques, soupe-au-lait, émotifs, etc., au fur et à mesure des actualisations du DSM, manuel de psychiatrie de l'American Psychiatry Association qui fait autorité dans le monde. La prochaine édition, prévue en 2012, permettra ainsi de faire maléficier la population la plus large des derniers neuroleptiques « atypiques » commercialisés.

URETRE (verbe auxiliaire) :
« Urêtre ou pas urêtre ? » : question existentielle posée par le maître châtreur au postulant eunuque avant son entrée au Grand Gynécée.

VIOXX° :

Nuages du Vioxx et de Tchernobyl. Ou l'inverse.

Tchernobyl de la médecine.
Le 30 septembre 2004, un rapport de la FDA révélait que près de 30000 décès d’origine cardiovasculaires étaient attribuables au rofecoxib commercialisé en 1999 dans le monde entier sous le nom de Vioxx° par le laboratoire Merck. Le même jour, le laboratoire, retirait son produit du marché, arguant de la défense de la santé publique, en réalité de celle de ses actionnaires.
Dès sa mise sur le marché, les risques cardiovasculaires de cet antiinflammatoire de la classe des coxibs étaient suspectés, puis confirmés. Dès 2000 en France les lecteurs de la revue Prescrire (voir ce terme) étaient informés de l’absence d’intérêt de ce produit par rapport aux autres antiinflammatoires existants et de son risque cardiovasculaire augmenté. Ceux qui se sont abstenus de prescrire ce médicament sur la base de ces informations ont protégé leurs patients, voire épargné des vies. Durant sa commercialisation, le fabricant du Vioxx° n’a eu de cesse, relayé par les médecins leaders d’opinion dont il s'était assuré les services, y compris en France, de taire, dissimuler, et falsifier les informations sur la dangerosité de ce produit. Les preuves ont été apportées lors des nombreuses plaintes déposées par les victimes du Vioxx°. Pour éteindre les quelques 26000 plaintes en cours aux USA, Merck a versé en 2008 près de 5 milliards de dollars d’indemnités aux victimes.
Le scandale du Vioxx° restera dans l’histoire de la médecine l’exemple tragique que la désinformation médicale et l’incapacité des professionnels de santé à s’en protéger, voire leur propension à la propager, peuvent tuer.
En France, exactement comme pour le nuage de Tchernobyl, les informations concernant les dégâts provoqués par ce médicament largement promu et prescrit à l’époque n’ont pas été rendues publiques, et l’étude qui devait les mettre en évidence n’a jamais été achevée .
La morale de l’affaire du Vioxx° devrait être retenue par cœur et récitée chaque jour dans toutes les écoles de santé du monde :
« Tout contact d’un professionnel de santé préalablement non immunisé avec une firme pharmaceutique à travers ses représentants et ses outils de propagande (représentants commerciaux, leaders d'opinion, congrès et séances de formation, presse médicale, sites internet, etc.) est susceptible de nuire gravement à la santé des patients qu’il a en charge. »
Sources : revue Prescrire et site du Formindep.

WEISMAN-NETTER ET STUHL (maladie de) :
Evidemment, il s'agit d'une toxo-pachy-ostéose diaphysaire tibiopéronière. A ne pas confondre toutefois avec le syndrome malin de Glucksmann-Klakenberg-Fancosi qui est, comme chacun sait la forme fulminante de la maladie d’Arthus-Debré-Tognazzi.
NB : Un de ces noms existe vraiment.

A suivre ?

Accéder à la première partie

jeudi 23 octobre 2008

DICTIONNAIRE MÉDICAL BÊTE ET MÉCHANT (comme son nom l'indique)

.
La première partie vous a sidéré.

La deuxième va vous consterner.

Le "DICTIONNAIRE MÉDICAL BÊTE ET MÉCHANT (comme son nom l'indique)", bientôt LE RETOUR !...

dimanche 19 octobre 2008

BIENVENUE DANS L'ENFER DU BIEN - Dernières nouvelles de la dictature médicale.



Qui a lu et se souvient de la bande dessinée de Jean Van Hamme et Griffo : SOS Bonheur ?

Parue en 3 tomes à la fin des années 80, elle a fait l'objet d'une édition intégrale publiée dans la collection Aire Libre chez Dupuis en 2002, rééditée à plusieurs reprises.

Jean Van Hamme raconte, avec la maestria de conteur qu'on lui connaît (scénariste de XIII, Largo Winch, etc.), ce qui se passe dans une société où tout est organisé "pour assurer le bonheur théorique du plus grand nombre, et, ce qu'il advient de ceux qui, volontairement ou non, s'en écartent". Ainsi Van Hamme présente-t-il son projet dans l'introduction de l'édition intégrale.

A travers 6 récits, il aborde 6 éléments fondamentaux de notre société : le travail et son sens, la santé et la protection sociale, les vacances, le fichage des citoyens, la limitation des naissances, et la création artistique et culturelle. Le septième récit rassemble les personnages des 6 précédents pour une conclusion "révolutionnaire".

A l'issue de la première lecture de ce livre, je suis rentré halluciné de ce voyage littéraire au sein de SOS Bonheur. Ce que Van Hamme avait imaginé au milieu des années 80 et qui était une anticipation cauchemardesque de la société, me livrait aujourd'hui presque sans exagération la société dans laquelle je vis maintenant et que nous sommes en train de construire. Pas une page où je ne me disais : "Mais oui ! c'est exactement ça..."

Je n'ose pas suggérer que la lecture de SOS Bonheur, facilitée par le fait qu'il s'agit d'une bande dessinée, devrait être rendue obligatoire dans tous les lycées, car je tomberai exactement dans le même dramatique travers que dénonce Van Hamme : vouloir à tout prix le bonheur des autres.

Je ne puis donc qu'en conseiller fortement la lecture. Et en particulier, l'épisode 2, intitulé "A votre santé !" qui est introduit de la manière suivante :
"L'affilié a pour premier devoir de protéger sa santé. [...] Les agents de la Police Médicale auront les plus larges pouvoirs de surveillance et d'investigation pour sanctionner les contrevenants." Circulaire 97/5204 bis de la Caisse Nationale d'Assurance Médicale Unifiée.
Cet épisode raconte l'enfer d'une mère avec son enfant, dans un système d'assurance maladie, où, explique Van Hamme, le "meilleur moyen d'enrayer son déficit chronique est d'interdire aux gens de tomber malade", puis ce qu'il se passe quand elle décide de sortir du système, car bien sûr, elle "a le choix".

Je mets ici trois pages significatives de cette histoire en souhaitant qu'elles ne vous donnent qu'une envie : la lire intégralement.

Cliquer sur chaque page pour la lire en grand format.


Et puis, j'ai lu dans le Monde daté du 18 octobre 2008 cet article de Sylvain Cipel intitulé : "Se soigner plus pour gagner plus".

Cet article décrit la politique d'une entreprise états-unienne qui décide de prendre en main la santé de son personnel, compte tenu de l'état de la couverture sociale et du coût des soins aux Etats-Unis .


Cliquer sur l'article pour le lire en grand format. Il est également disponible à la fin de ce post.


J'y ai lu exactement la même histoire que celle que raconte SOS Bonheur, avec les affiches dans l'entreprise qui proclament : "L'exercice physique ajoute des années à votre vie et de la vie à vos années", ou "n'oubliez pas votre fil dentaire", "manger sainement".

Et bien sûr, là aussi, "chacun a le choix" dit la responsable de la communication de la firme.

Comparez vous-même avec les pages de la bande dessinée mises en ligne...

La dictature sanitaire est en marche, chers assujettis sociaux, et il ne faut pas beaucoup d'imagination pour se rendre compte que le mécanisme est bien lancé de ce côté aussi de l'Atlantique. Vous avez entendu parler de Sophia, le programme de la sécu qui s'adresse aux diabétiques ? Ou des "programmes d'éducation thérapeutique" et des "actions d'accompagnement" des patients, qui seront organisés et/ou financés par l'industrie pharmaceutique, prévus par le projet de loi "hôpital, patients, santé, territoire" de Roselyne Bachelot (article 22) ?

Ce mécanisme totalitaire ne trouve-t-il pas aussi son illustration dans le fait que la politique de cette firme états-unienne est présentée dans cet article comme un "modèle", avec lequel l'auteur ne semble pas prendre de distance, en s'interrogeant même sur le fait de savoir s'il est ou non exportable.

Reviens Illich, ils sont devenus fous !

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Se soigner plus pour gagner plus
LE MONDE | 17.10.08 |

ike Critelli est un drôle de président. Cet homme de 60 ans ne bouge qu'avec son compteur de pas à la ceinture. S'il n'a pas fait ses 10 kilomètres quotidiens, il descend en fin de journée finir sa marche sur un appareil en salle de gym, au siège de l'entreprise qu'il a dirigée jusque récemment et dont il est toujours président non exécutif. Pitney Bowes (PB) - c'est son nom - est aussi une drôle d'entreprise : un parangon de vertu dans la couverture santé de ses salariés dans le paysage américain.


C'est M. Critelli qui, encore directeur des ressources humaines, a pris le taureau par les cornes, il y a quinze ans, convaincu que, "pour l'assurance-maladie, les Etats-Unis ont tout faux". Sans remettre en cause la protection quasi entièrement privée qui y règne, il dénonce une "culture collective" où l'assurance-maladie est "uniquement perçue en termes de coûts, et non comme un investissement nécessaire sur le long terme".

Car, dit-il, l'Amérique est malade. L'Etat, avec deux programmes, ne protège que les plus de 65 ans (Medicare) et les plus pauvres avec enfants (Medicaid). Tous les autres doivent s'adresser au privé. Une option qui s'avère horriblement coûteuse : les dépenses de santé atteignent ici 17 % du PIB, contre 14 % dans les autres pays riches. Elles devraient dépasser 20 % en 2020.

L'Amérique est malade d'un système où l'individu se perd dans l'écheveau des centaines de "plans" d'assurances privées dont on ne sait jamais ce qu'ils couvrent exactement et où la bureaucratie est envahissante. Malade parce que 48 millions de personnes (dont 10 millions d'enfants) vivent sans assurance et que 100 millions d'autres sont mal couvertes : soit la moitié de la population. Le taux des affections chroniques (diabète, problèmes cardio-vasculaires...) y est le plus haut des pays développés. Depuis cinq ans, les tarifs des assureurs ont explosé, leurs prestations notoirement baissé. Pour des raisons de coût, selon un rapport fédéral de 2001, un malade sur cinq renonce à voir un médecin, un sur trois n'achète pas les médicaments prescrits. Leur prix et leur taux de remboursement sont "libres".

Rien de tel chez Pitney Bowes. Leader mondial dans la fourniture de systèmes et de services de gestion des documents et du courrier volumineux (services fiscaux ou banques, par exemple), cette entreprise emploie 36 000 salariés dans 130 pays, dont 23 000 aux Etats-Unis. La clé pour diminuer les dépenses de santé est d'améliorer celle des salariés, explique M. Critelli. Le moyen : "Modifier leur culture sanitaire en créant un environnement propice."

La directrice des ressources humaines, Johnna Torfone, abonde dans ce sens : "Aujourd'hui, la santé est devenue si préoccupante qu'elle est le principal ciment de la relation employés-employeur." Aux Etats-Unis, 66 % des salariés bénéficient d'un "plan santé" contracté avec des assurances privées par l'entreprise. Celle-ci participe à leur financement à une hauteur variable. Le salarié perd sa couverture s'il s'en va ou est licencié.

"L'immense majorité des entreprises cherchent à ce que la santé leur coûte le moins possible, regrette Mme Torfone. Quelle erreur ! Nous aussi devons des comptes à nos actionnaires, mais nous faisons la démonstration que, si investir dans la protection santé coûte au départ, cela rapporte à terme beaucoup plus.""En privilégiant la prévention et en responsabilisant les gens. Mais pour qu'ils changent, il faut des incitations." Chez PB, elles sont multiples et diversifiées. Investir comment ?

A Hartford (Connecticut), 900 personnes travaillent au siège. Le long des couloirs, d'immenses panneaux proclament : "L'exercice physique ajoute des années à votre vie et de la vie à vos années", ou "n'oubliez pas votre fil dentaire"... Il y a des ascenseurs, mais d'autres panneaux incitent à emprunter les escaliers. Au réfectoire, une banderole appelle à "manger sainement". Deux restaurants s'y côtoient. "L'américain normal", comme dit Colette Cote, responsable de la communication, et le "sain et nutritif". Près du premier, on vous rappelle combien "manger gras est néfaste". A côté, les prix de la nourriture saine sont inférieurs à ceux de la pizza et du burger frites.

"Chacun a le choix", dit encore Colette Cote. Oui, mais un choix soumis à une culture d'entreprise très prégnante. Une barre chocolatée ? Un distributeur est au bout du couloir. "Tant qu'à s'empiffrer, autant que les gens soient obligés de marcher..." Mais il y a bien plus important. "On a des médecins sur place et c'est gratuit, souligne Olivia Skiffington, de la division marketing. Les médicaments de base, antibiotiques inclus, sont offerts. On a des entraîneurs particuliers en salle de gym en fonction des prescriptions médicales. Pitney m'a payé le programme antitabac. Si besoin, ils vous offrent les huit premières visites chez le psychiatre. Ensuite, ils contribuent aux consultations."

Améliorer sa santé permet aussi au salarié d'arrondir ses fins de mois. Quiconque entreprend un programme PB pour cesser de fumer ou faire baisser son taux de cholestérol est soumis à des "objectifs". Chaque fois qu'il les atteint, il touche une prime. "Un employé peut gagner 225 dollars dans l'année, ce n'est pas rien", dit Elisa Jacobs, la nutritionniste chargée du programme d'amélioration sanitaire.

Médecin-chef de Pitney Bowes, Brent Pawlecki a "adoré" le dernier film de Michael Moore, Sicko, sur les carences les plus grossières de l'assurance-maladie privée aux Etats-Unis. Il dirige les 30 médecins et infirmières qui travaillent dans les sept dispensaires de l'entreprise. Un huitième est en construction. Il supervise aussi le centre pour salariées enceintes. Il dispose enfin de huit spécialistes chargés de négocier avec les compagnies d'assurances et de conseiller leurs "plans" aux salariés. Dans une autre grande entreprise américaine, il n'y aurait qu'une ou deux personnes pour ces activités, indique Jack Mahoney, qui a mis en place le système PB.

"L'écheveau de l'assurance privée est ahurissant, estime M. Pawlecki. Aucun salarié ne peut s'y retrouver. On ne sait jamais si on est couvert ou pas pour telle affection, telle opération. Nous-mêmes avons proposé jusqu'à 142 plans d'assurances différents aux salariés." Le programme PB n'en propose plus que 44. "On négocie avec les assureurs. On a les moyens de leur imposer un meilleur ratio coût-prestations. Quand l'assureur refuse à l'assuré de prendre en charge telle opération, ou le choix de la clinique qu'il souhaite, on soutient le salarié. Souvent, on gagne."

Brent Pawlecki ne jure que par le système Pitney. "Un salarié en bonne santé, c'est 30 % de moins sur les coûts sanitaires sur vingt ans. Et une consultation sur place, avec médicaments gratuits, nous revient bien moins chère que six heures d'absence pour une consultation à l'extérieur. Or 80 % des affections sont bénignes. En productivité, là encore, on est bénéficiaires."

PB veut démontrer qu'un hygiénisme actif est "rentable". Le principal avantage induit, explique Mme Torfone, est "l'adhésion collective de ses membres aux objectifs de l'entreprise". Mme Skiffington ne la démentira pas. Après son MBA en marketing, cette jeune femme a travaillé ailleurs. Aujourd'hui, elle déclare : "Je ferai toute ma carrière chez Pitney. Pas besoin de syndicat pour me défendre, ici on me donne tout ce que je demande."

Ce "système" est-il exportable ? Il faudrait réformer toute la protection santé aux Etats-Unis, tant elle empoisonne la vie des individus et des entreprises, dit Mme"il sera plus facile de résoudre notre problème en Irak que celui-là... En attendant, nous servons de modèle". M. Critelli est très actif dans le National Business Group on Health, où une cinquantaine de multinationales, conscientes que la protection médicale est devenue un fardeau immensément coûteux, réfléchissent aux manières d'enrayer la hausse des coûts.

Ce modèle ne vaut-il pas que pour les puissants, capables de mener une politique de prévention et d'imposer leurs exigences aux assureurs ? Aux Etats-Unis, indique M. Critelli, les produits frais sont vendus plus cher que la nourriture industrielle. "C'est une hérésie économique. J'ai obligé nos fournisseurs à inverser cet état de choses." Qui d'autre qu'une multinationale parviendrait à ces résultats ? Quel salarié devant s'assurer seul ou quelle PME aurait les moyens d'engager des fonds, comme PB, et d'attendre longtemps le "retour sur investissement" ?

Le docteur Mahoney admet cette réalité, mais il signale qu'une trentaine de PME de Colombus, dans l'Ohio, se sont unies pour mettre en place une protection santé collective. "La voie est là." Une voie imparfaite. Lui aussi juge "urgent d'adopter une politique sanitaire nationale, sinon l'Amérique court à la catastrophe. Notre système marche sur la tête. L'impératif serait de parvenir à une couverture maladie universelle. Mais les Américains n'ont aucune idée de la manière dont elle fonctionne ailleurs. On les a convaincus que ce serait le socialisme. Reste à l'entreprise à prendre ses responsabilités."

Cet épidémiologiste fut conseiller aux questions sanitaires de la Maison Blanche sous la présidence du républicain Gerald Ford (1974-1977). "C'est avec Ronald Reagan que la dégradation s'est enclenchée", estime-t-il. Une phrase, par les temps qui courent, qu'on entend de plus en plus aux Etats-Unis.

Sylvain Cipel

samedi 18 octobre 2008

L'argent-dette

52 minutes pour comprendre d'où vient l'argent.


L'Argent Dette de Paul Grignon (Money as Debt FR) from Bankster on Vimeo.

vendredi 17 octobre 2008

Cauchemar


Je découvre à la lecture du Monde d'aujourd'hui, le blog de cet avocat, Maitre Eolas de son pseudo, qui allie la rigueur des faits à l'impertinence du verbe. Je lis alors son post sur cet urgentiste mis récemment en examen dans la Drôme pour avoir été suspecté de pratiquer des gestes "bizarres" sur une patiente décédée.

Ce qui retient mon attention, c'est ce qu'écrit cet avocat sur la législation qui autorise les médecins à opérer, ouvrir, amputer, etc., bref, porter la main sur les gens pour les soigner.

En fait rien ou presque. Juste une dérogation à la loi appelée "état de nécessité", qui autorise à porter atteinte à l'intégrité des personnes, uniquement si c'est pour prévenir un plus grand mal.

Sinon c'est un crime.

Par la perversion mentale qui me caractérise, aggravée sans doute par un produit fumigène et néanmoins relaxant, je vis alors apparaître à mon esprit les conséquences des recommandations de l'AFU pour le dépistage du cancer de la prostate.

Et je vis alors surgir de mon imagination en délire des cortèges d'urologues, vêtus de leurs pyjamas de blocs opératoires, enchaînés, déversés des paniers à salade, sous les jets d'urines et les huées de leurs patients incontinents, dans les prétoires des cours d'assises, jugés pour violences volontaires avec armes.

Et avec eux, tous ceux qui prescrivent pour rien des traitements pas plus efficaces mais plus dangereux que les médicaments de référence, les prescripteurs de coxibs, de glitazones, d'hormones au long cours pour la ménopause, de statines chez la femme âgée, de sartans, de clopidrogel, de disphosphonates et de dextropropxyphène, d'IRS et de neuroleptiques atypiques, ...

NON ! pitié, arrêtez, c'est trop horrible. C'est tout ce que je prescris. C'est un cauchemar !

Saint Hippocrate, Saint Leem, Sainte Sécu, Sainte Emma Céhaissèfe et tous les bons saints dicats venez à mon aide, et avec eux Saint Maclou, Saint Yorre et Saint Moret et tous les bienveillants saints patrons du commerce.

Sainte Roselyne, faites que les patients ne sachent jamais. Faites qu'ils ne se rendent jamais compte. Brûlons le Formindep, Atoute.org, la DDI et tous leurs suppôts.

Il faut que je me réveille !

Dring ! Dring ! Dring !...

Allo, oui.. (ton mielleux, mais néanmoins empâté), Docteur Dorzon à l'appareil.
C'est pour quoi ?... Un rendez-vous ?...
Oui, bien sûr. C'est 69 euros 90. Au delà, il faut un devis...
Oui, en espèces bien sûr !
Si je prends la CMU ? Et puis quoi encore !? Y a pas marqué Bezolles !

Putain de journée.

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jeudi 16 octobre 2008

Outrage national


Conférence de presse de salon, républicaine outragée

Une enquête aurait été ouverte au tribunal de Bobigny dont dépend géographiquement le Stade de France pour "outrage à l'hymne national". Des ados ont sifflé durant l'exécution de la Marseillaise au début du match de football France-Tunisie du 14 octobre 2008.
Il y a outrage. la République a porté plainte.

La République a aussi sa devise : Liberté, Egalité, Fraternité.



40 % des médecins spécialistes d'un département de la République refusent de soigner les plus pauvres de la société, en fait les plus malades.
Il y a outrage à la devise.
La République va sûrement porter plainte.

Xavier D. a passé la nuit en garde à vue, et se retrouve accusé au tribunal, simplement parce qu'il demandait aux policiers de la République de taper moins fort sur celui qu'ils arrêtaient.
Il y a outrage.
La République va sûrement porter plainte.

Malika M. fait du porte-à-porte ce matin pour quémander auprès de ses voisins des patates pour nourrir ses enfants. Sa fille vient de tomber dans les pommes à l'école de la République car elle n'a pas mangé depuis trois jours, et le pion lui mégote un morceau de sucre.
Il y a outrage.
La République va sûrement porter plainte.

Au Salon de l'auto, au milieu de la foule des veaux qui s'agglutine autour du stand Ferraroyce, soigneusement tenue à l'écart par des barrières et des vigiles stylés, deux jeunes jet-setter, dont les parents bénéficieraient du bouclier fiscal s'ils n'étaient domiciliés au royaume de Belgique, négocient l'achat du dernier modèle un verre de champagne à la main et le rictus aux lèvres.
Il y a outrage.
La République va sûrement porter plainte.

Le Conseil Général de Meurthe-et-Garonne, département de la République, dépense l'argent public pour exhiber dans ses stades les dernières stars du show-biz, et continue à soigner en PMI ses enfants dans des conditions dignes d'un dispensaire du fond du Sahel.
Il y a outrage.
La République va sûrement porter plainte.

La sécurité sociale de la République finance à fonds perdus, et en toute conscience, les milliards d'euros de prescriptions inutiles et nuisibles induites par la propagande pharmaceutique, que les médecins s'appliquent à recopier sans réfléchir, pendant que les malades payent l'hypocrisie dans toutes ses franchises, et que les grouillots de la médecine sont écœurés.
Il y a outrage.
La République va sûrement porter plainte.

Le Roi décide, selon l'humeur de la Grande Madame et de sa Cour, d'incarcérer ou de libérer qui bon lui semble.
Il y a outrage.
La République va sûrement porter plainte.

Les habitants de la Villa Montmorency dans le 16ème arrondissement de la capitale de la République paniquent à l'idée que leur domesticité puisse habiter à proximité et soit visible de leurs jardins, au lieu de continuer à venir, comme tous les matins, de leur quartier pourri sans transports en commun.
Il y a outrage.
La République va sûrement porter plainte.

Jean-Mourad, ado de mon quartier, voulait être médecin en 6ème, infirmier en 5ème, aide-soignant en 4ème, et a compris en 3ème qu'il ne sera rien. Alors il a commencé une carrière de dealer. Avec l'argent de ses premières ventes, il s'est acheté un billet pour le match de mardi et il a sifflé l'hymne national.
Il y a outrage.
La République a porté plainte.

La République a l'outrage sélectif.

vendredi 10 octobre 2008

Du suicide comme mode de communication en prison


Dans une vie antérieure, je connus durant une courte année les charmes de la vie carcérale. Ne me demandez pas pourquoi ni comment, disons que cela fut en rapport avec mon exercice professionnel. Etait ce grâce à mon métier de médecin ou à cause de lui, vous ne saurez pas. Gnarf, gnarf.

Toujours est il que j'ai gardé quelques souvenirs et connaissances de ce milieu, de ses règles formelles ou non, de ses fonctionnements.

Et ce qui me donne envie d'en causer ce jour, c'est ce qu'on dit dans l'actualité sur les pendaisons de détenus mineurs à la maison d'arrêt de Metz. Pour expliquer cette épidémie de pendaison, les syndicats de surveillants (attention, ils veulent qu'on disent surveillants et non pas gardiens de prison car ça a sa dignité, un maton) disent que ces pendaisons correspondraient à un "jeu" ou à un "chantage" au suicide de la part des détenus pour avoir, qui une télé, qui un changement de cellule, qui un autre "avantage".

J'avoue que ça me stupéfie, que ça me troue le cul même, comme dit Eddie Mitchell dans le film "Le bonheur est dans le pré".

S'il y a un souvenir qui reste vivace dans mon esprit après cette année passée à travailler en prison (bon, OK, j'y travaillais, c'était pas - encore - pour autre chose), c'est que le chantage au suicide et sa réalisation est LE moyen de communication des détenus avec beaucoup de surveillantmatongardiens, dès qu'il s'agit d'obtenir quelque chose, y compris ce qui est le plus banal.

Moi qui vous parle, j'ai vu de mes yeux vus, un détenu qui réclamait, horreur, un timbre à un surveillant, pour pouvoir écrire à sa famille et l'informer de son arrivée en détention là où je travaillais. Le détenu avait fait sa demande à plusieurs reprises, et le surveillant de l'étage ne répondait pas.

Alors je demande au maton, pourquoi il ne répond pas à la demande du détenu. Réponse : "Tant qu'il me fait pas chier, j'en ai rien à foutre..."

Le détenu, qui était un primo-arrivant n'a pas mis longtemps avant de comprendre la seule façon d'être écouté : "Faire chier le maton", puisque celui-là n'attendait que ça. Il s'est donc tailladé les avant bras.

Car, en prison, la seule façon de "faire chier" efficacement pour se faire entendre quand on n'a plus aucun autre moyen, c'est de se suicider, d'attenter à sa vie, à son corps. Si cela vous évoque d'autres réalités dans le monde pour d'autres populations "enfermées" d'une façon ou d'une autre, c'est que vous avez l'esprit aussi tordu (ou lucide, c'est selon) que moi.

Grève de la faim, grève des soins, ingurgitation d'objets divers : fourchettes, couteaux, lames de rasoir (entourées de sparadrap car le sparadrap est opaque à la radiographie et on ne voit que la lame de rasoir), piles électriques, verres et assiettes soigneusement préparés, mutilations - 240 points de suture sur un même homme une nuit, c'est mon record - pas toujours superficielles, pendaisons ratées ou réussies, etc.

Un jour je vous raconterai l'histoire de ce détenu qui s'entretenait une fistule au pli du coude avec sa fourchette pour pouvoir envoyer toutes les semaines une bouteille d'un litre et demi de son sang au juge d'instruction. Il était vivant et conscient, bien qu'un peu pâle, avec 1,5 g d'hémoglobine. Les connaisseurs apprécieront.

Bref. La tentative de suicide est pour le détenu le moyen de communication officieux et efficace avec nombre de matons, pour obtenir satisfaction d'une demande qui peut être aussi conne qu'un timbre et du papier à lettre, car le leitmotiv de ces matons est : "tant qu'il me fait pas chier".

Alors, moi je suis pas du tout étonné d'entendre ce qui se passe dans cette prison de Metz. La différence c'est que ce sont des ados, pas des adultes, et que les adultes savent (un peu) mieux s'arrêter avant l'irréparable, tandis que des ados en rupture, eux sont "capables" d'aller jusqu'au bout.

Ce que je me dis, en entendant cette actu, à la lumière de ce que j'ai appris en zonzon, c'est que ces ados ont compris, eux aussi, le mode de communication classique avec l'administration pénitentiaire, mais que comme des gamins désespérés et sans limite qu'ils sont, là aussi, ils ne connaissent pas les limites, ou n'ont pas conscience de ce que ça coûte de les franchir, entre une tentative de suicide pour obtenir une télé, et mourir vraiment pour ne pas pouvoir s'anesthésier à la Star'Ac.

Je disais au début que cette info me trouait le cul.

Ce qui me déchire, c'est que des matons finissent par reconnaître ces comportements et leurs motivations, mais les mettent sur le dos des victimes, alors que le mode de fonctionnement implicite de certains d'entre eux en est la cause.

Ce qui me déchire encore, c'est la loi du silence sur ces pratiques de mutilation et d'autoviolence, pour la simple survie, qui sont quotidiennes en prison en France et dont jamais aucun journaleux n'a pris la peine de parler sérieusement, à ma connaissance. Est ce qu'un jour l'un d'entre eux osera se pointer à l'Hôpital de Fresnes pour y demander à voir les bocaux qui s'alignent dans le service de chirurgie remplis des centaines, voire des milliers, d'objets récupérés dans les intestins des détenus depuis des décennies ?

Il pourra y lire dans chaque lame de rasoir, fourchette, couteau, cuiller, débris d'assiette ou de verre, pile électrique, etc., la probable demande d'un détenu à un surveillant qui attendait juste "qu'on le fasse chier" pour y répondre.